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Film Index

Dwight D. Eisenhower

Casting

Nationalité
 États-Unis
Mort
28 mars 1969
Âge
78 ans
Autre nom
Dwight David Eisenhower
Filmographie
9 films

Biographie

Dwight D. Eisenhower, de son nom complet Dwight David Eisenhower, surnommé « Ike », est un militaire et homme d’État américain, né le 14 octobre 1890 à Denison, au Texas, et mort le 28 mars 1969 à Washington. Général cinq étoiles de l’armée américaine et commandant suprême des forces alliées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, il est le 34e président des États-Unis, fonction qu’il exerce du 20 janvier 1953 au 20 janvier 1961, sous l’étiquette du Parti républicain.

Une formation militaire et l’apprentissage du commandement

Troisième des sept fils de David Jacob Eisenhower et d’Ida Elizabeth Stover, Dwight D. Eisenhower grandit à Abilene, dans le Kansas, où sa famille s’installe en 1892. Il fréquente l’école secondaire de la ville, pratique le football américain et le baseball, puis travaille dans une laiterie industrielle pour contribuer aux dépenses familiales. En 1911, il intègre l’Académie militaire de West Point, dans l’État de New York. Diplômé en 1915, il appartient à une promotion qui comptera de nombreux généraux, dont Omar Bradley.

Affecté au Texas comme sous-lieutenant d’infanterie, il rencontre Mamie Geneva Doud, qu’il épouse le 1er juillet 1916 à Denver, dans le Colorado. Le couple aura deux fils, Doud Dwight, mort de la scarlatine en 1921, et John Sheldon Doud, né en 1922, qui suivra également une carrière militaire avant de devenir diplomate.

Pendant la Première Guerre mondiale, Eisenhower reste aux États-Unis. Il participe à la formation des soldats et commande notamment le centre d’entraînement des unités blindées de Camp Colt, près de Gettysburg, en Pennsylvanie. Il ne combat pas sur le front européen. Après l’armistice, il prend part à un convoi militaire motorisé qui traverse les États-Unis en 1919, expérience révélatrice des insuffisances du réseau routier américain.

Sa carrière se poursuit sous l’autorité de plusieurs officiers supérieurs. Au Panama, entre 1922 et 1924, il travaille auprès du général Fox Conner, qui l’encourage à approfondir ses connaissances en histoire et en stratégie militaire. Il sort premier de sa promotion de l’école de commandement et d’état-major de Fort Leavenworth en 1926. Il sert ensuite auprès du général Douglas MacArthur, d’abord à Washington, puis aux Philippines, où il participe à l’organisation des forces militaires du Commonwealth philippin.

Le commandement des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale

L’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, après l’attaque japonaise contre Pearl Harbor en décembre 1941, accélère la carrière de Dwight D. Eisenhower. Le général George C. Marshall, chef d’état-major de l’armée américaine, le fait venir à Washington pour participer à la planification stratégique. En juin 1942, Eisenhower reçoit le commandement des forces américaines sur le théâtre européen.

Son premier grand commandement opérationnel concerne l’opération Torch, débarquement des forces anglo-américaines en Afrique du Nord, lancé le 8 novembre 1942. Il dirige ensuite les opérations alliées en Méditerranée, notamment l’invasion de la Sicile en juillet 1943 et le débarquement en Italie continentale en septembre. Il doit coordonner les forces terrestres, aériennes et navales de plusieurs pays, tout en travaillant avec des responsables militaires britanniques comme Bernard Montgomery.

En décembre 1943, le président Franklin D. Roosevelt le désigne comme commandant suprême des forces expéditionnaires alliées en Europe. À ce titre, Eisenhower supervise la préparation de l’opération Overlord, destinée à ouvrir un front majeur en Europe occidentale. Installé en Grande-Bretagne, son quartier général organise la mobilisation des troupes, la logistique et la coordination des opérations aériennes et maritimes.

Le 6 juin 1944, il dirige le débarquement de Normandie. Après un report de vingt-quatre heures en raison des conditions météorologiques, il autorise le lancement de l’opération. Les forces alliées débarquent sur cinq plages normandes, Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, tandis que des unités aéroportées sont larguées derrière les lignes allemandes. Avant l’attaque, Eisenhower rédige un message dans lequel il assume personnellement la responsabilité d’un éventuel échec de l’opération.

À la tête du commandement allié, il supervise ensuite la libération de la France et la progression des armées occidentales vers l’Allemagne. Il doit notamment arbitrer les divergences stratégiques entre les généraux Montgomery et George S. Patton. En décembre 1944, il est promu General of the Army, grade américain à cinq étoiles. Il dirige les forces alliées occidentales jusqu’à la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945.

Lors de sa visite au camp de concentration d’Ohrdruf, en avril 1945, Eisenhower découvre les crimes commis par les nazis. Il demande que les atrocités soient photographiées et documentées et que des représentants politiques et des journalistes puissent les constater. Cette démarche contribue à la constitution des preuves des crimes nazis.

L’organisation militaire de l’après-guerre et la création du commandement de l’OTAN

Après la capitulation allemande, Dwight D. Eisenhower commande les forces américaines d’occupation en Allemagne. En novembre 1945, il succède à George C. Marshall au poste de chef d’état-major de l’armée de terre des États-Unis. Il exerce cette fonction jusqu’en février 1948, dans une période marquée par la démobilisation des forces américaines et la réorganisation des institutions militaires du pays.

En juin 1948, il devient président de l’université Columbia, à New York. Il conserve cette fonction jusqu’en 1953, même si ses responsabilités militaires l’amènent à s’en éloigner à partir de 1950. Il participe également à des travaux sur la sécurité nationale et sur les relations entre les institutions universitaires et le gouvernement fédéral.

La formation de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), en avril 1949, conduit les États membres à établir un commandement militaire intégré. En décembre 1950, Eisenhower est désigné comme premier commandant suprême des forces alliées en Europe (Supreme Allied Commander Europe, SACEUR). Il prend ses fonctions en 1951 et installe son quartier général en France, à Rocquencourt, près de Versailles.

Il travaille alors à l’organisation des forces alliées en Europe occidentale, dans un contexte de confrontation avec l’Union soviétique et de guerre de Corée. Le commandement intégré doit permettre la coordination militaire des membres de l’Alliance atlantique. Eisenhower quitte ses fonctions en 1952 pour participer à l’élection présidentielle américaine.

L’accession à la présidence et le républicanisme modéré

La popularité acquise pendant la guerre fait de Dwight D. Eisenhower une personnalité sollicitée par les deux principaux partis américains. En 1952, il accepte de briguer l’investiture républicaine. Il affronte notamment le sénateur Robert A. Taft, représentant de l’aile conservatrice du parti, et remporte la nomination lors de la convention nationale républicaine de Chicago. Il choisit pour colistier le sénateur californien Richard Nixon.

La campagne présidentielle se déroule sur fond de guerre de Corée, d’inquiétudes concernant l’expansion du communisme et de critiques contre l’administration démocrate de Harry S. Truman. Eisenhower promet de se rendre en Corée pour examiner les conditions d’un règlement du conflit. Son équipe utilise largement la télévision et popularise le slogan « I Like Ike ».

Lors de l’élection du 4 novembre 1952, il bat le candidat démocrate Adlai Stevenson, gouverneur de l’Illinois, en remportant 442 voix au collège électoral contre 89. Sa victoire met fin à vingt années de présidences démocrates commencées avec Franklin D. Roosevelt en 1933.

À la Maison-Blanche, Eisenhower défend une ligne politique qu’il qualifie de Modern Republicanism, ou républicanisme moderne. Il accepte le maintien de grands programmes sociaux issus du New Deal tout en cherchant à contenir les dépenses fédérales et à équilibrer le budget. Sous son administration, la couverture de la sécurité sociale est étendue à de nouvelles catégories de travailleurs. En 1953, il crée le département de la Santé, de l’Éducation et des Affaires sociales (Department of Health, Education, and Welfare).

Victime d’un infarctus en septembre 1955, il reprend progressivement ses activités présidentielles. Il se représente en 1956 et bat de nouveau Adlai Stevenson, remportant cette fois 457 voix au collège électoral contre 73. Richard Nixon demeure son vice-président pendant les deux mandats.

La guerre froide et les interventions américaines à l’étranger

La politique étrangère de Dwight D. Eisenhower est dominée par la confrontation entre les États-Unis et l’Union soviétique. Avec son secrétaire d’État John Foster Dulles, il développe une stratégie d’endiguement du communisme fondée sur les alliances militaires et la dissuasion nucléaire. La doctrine des représailles massives, formulée en 1954, prévoit notamment la possibilité de répondre à une agression communiste par l’emploi de l’arme nucléaire.

En Asie, son administration participe au règlement de la guerre de Corée. L’armistice signé le 27 juillet 1953 à Panmunjeom interrompt les combats entre les forces des Nations unies, principalement américaines et sud-coréennes, et celles de la Corée du Nord et de la Chine. Il maintient la division de la péninsule coréenne autour de la zone démilitarisée.

L’administration Eisenhower recourt également à des opérations clandestines conduites par la Central Intelligence Agency (CIA). En 1953, les services américains, avec les Britanniques, participent au renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière du pays. L’opération contribue à rétablir l’autorité du chah Mohammad Reza Pahlavi. En 1954, la CIA organise au Guatemala l’opération PBSUCCESS, destinée à renverser le président Jacobo Árbenz Guzmán, dont le gouvernement avait engagé une réforme agraire. Ces interventions contribuent à l’installation ou au renforcement de régimes autoritaires favorables aux intérêts américains.

Au Proche-Orient, Eisenhower adopte une position distincte de celle de ses alliés européens lors de la crise du canal de Suez en 1956. Après la nationalisation du canal par le président égyptien Gamal Abdel Nasser, la France, le Royaume-Uni et Israël lancent une opération militaire contre l’Égypte. Le président américain refuse de soutenir cette intervention et exerce des pressions diplomatiques et financières pour obtenir le retrait des forces engagées.

En janvier 1957, il présente au Congrès la doctrine Eisenhower, qui prévoit une assistance économique et militaire aux États du Moyen-Orient menacés par une agression armée liée au communisme international. En juillet 1958, il ordonne l’envoi de troupes américaines au Liban, à la demande du président Camille Chamoun, dans un contexte de crise politique intérieure et de tensions régionales.

Sur le plan diplomatique, Eisenhower recherche également des possibilités de dialogue avec les dirigeants soviétiques. Lors de la conférence de Genève de juillet 1955, il propose le programme Open Skies, qui permettrait aux États-Unis et à l’URSS de procéder à des observations aériennes réciproques de leurs installations militaires. La proposition est rejetée par Moscou. En septembre 1959, il reçoit Nikita Khrouchtchev aux États-Unis et s’entretient avec lui à Camp David.

Ce rapprochement est interrompu en mai 1960, après qu’un avion de reconnaissance américain U-2, piloté par Francis Gary Powers, a été abattu au-dessus du territoire soviétique. L’incident provoque l’échec du sommet international organisé à Paris, au cours duquel Eisenhower devait retrouver Khrouchtchev et les dirigeants français et britannique.

Les droits civiques et la déségrégation raciale

La présidence de Dwight D. Eisenhower coïncide avec une phase décisive du mouvement américain pour les droits civiques. En 1954, la Cour suprême rend l’arrêt Brown v. Board of Education, qui déclare inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Eisenhower fait appliquer les décisions judiciaires, tout en se montrant réservé dans son soutien public au mouvement pour l’égalité raciale.

En septembre 1957, une crise éclate à Little Rock, dans l’Arkansas, lorsque le gouverneur Orval Faubus mobilise la Garde nationale de l’État pour empêcher neuf élèves noirs d’entrer au Central High School, établissement jusqu’alors réservé aux Blancs. Eisenhower place la Garde nationale de l’Arkansas sous autorité fédérale et envoie des soldats de la 101e division aéroportée afin de protéger les élèves et de faire respecter les décisions des tribunaux.

Le Civil Rights Act de 1957, signé le 9 septembre, constitue la première loi fédérale consacrée aux droits civiques depuis 1875. Il crée une commission fédérale chargée d’enquêter sur les atteintes aux droits civiques et renforce les moyens du département de la Justice pour protéger le droit de vote. Une deuxième loi, adoptée en 1960, prévoit notamment des mesures supplémentaires contre les entraves à l’inscription sur les listes électorales.

Ces réformes rencontrent l’opposition de nombreux parlementaires démocrates du Sud, qui obtiennent une limitation de leur portée. Les organisations de défense des droits civiques, notamment la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), réclament des mesures plus énergiques. En juin 1958, Eisenhower reçoit à la Maison-Blanche une délégation comprenant Martin Luther King Jr., A. Philip Randolph et Roy Wilkins, venue lui demander de renforcer l’action fédérale contre la discrimination raciale.

Les grands travaux et le développement scientifique

L’une des principales réalisations intérieures de Dwight D. Eisenhower est la mise en place du réseau fédéral d’autoroutes inter-États, le Interstate Highway System. Le 29 juin 1956, il signe le Federal-Aid Highway Act, qui prévoit la construction d’environ 66 000 kilomètres d’autoroutes et autorise des dépenses fédérales de 25 milliards de dollars sur plusieurs années. Le réseau doit améliorer la circulation des personnes et des marchandises, tout en facilitant les déplacements militaires en cas de conflit.

Cette politique d’aménagement contribue à transformer le territoire américain. Le développement des infrastructures routières accompagne l’expansion des banlieues et l’augmentation de l’usage de l’automobile. Dans plusieurs grandes villes, la construction des autoroutes entraîne aussi la destruction de quartiers résidentiels et le déplacement de leurs habitants.

La présidence Eisenhower est également marquée par les débuts de la conquête spatiale. Le lancement du satellite soviétique Spoutnik 1, le 4 octobre 1957, provoque une forte réaction aux États-Unis. En janvier 1958, le satellite américain Explorer 1 est placé en orbite. Le 29 juillet 1958, Eisenhower signe la loi créant la National Aeronautics and Space Administration (NASA), agence civile chargée de la recherche et des programmes spatiaux américains. Celle-ci commence officiellement ses activités le 1er octobre 1958.

En matière d’énergie nucléaire, Eisenhower présente devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 8 décembre 1953, son programme « Atoms for Peace », destiné à favoriser les usages civils de l’énergie atomique. Cette initiative contribue à la création de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), fondée en 1957.

Son administration voit également l’admission de deux nouveaux États dans l’Union. L’Alaska devient le 49e État le 3 janvier 1959, suivi d’Hawaï, 50e État, le 21 août 1959.

La mise en garde contre le complexe militaro-industriel

À la fin de son second mandat, Dwight D. Eisenhower prononce un discours d’adieu à la nation, retransmis à la télévision le 17 janvier 1961. Il y met en garde les Américains contre l’influence croissante du « complexe militaro-industriel » (military-industrial complex), expression désignant les relations entre les forces armées, l’industrie de l’armement et les responsables politiques. Il souligne les risques que pourrait représenter cette concentration de pouvoirs pour le fonctionnement des institutions démocratiques.

Son discours porte également sur le développement de la recherche scientifique et sur les liens de plus en plus étroits entre les universités, les financements fédéraux et les programmes militaires. Il insiste sur la nécessité de maintenir un équilibre entre les impératifs de la défense nationale et les libertés constitutionnelles.

Le 20 janvier 1961, Eisenhower quitte la Maison-Blanche et transmet la présidence à John F. Kennedy, candidat démocrate élu face à Richard Nixon en novembre 1960. Il se retire avec son épouse Mamie dans leur propriété agricole de Gettysburg, en Pennsylvanie, acquise pendant sa présidence. Il y reçoit des personnalités politiques et conserve un bureau au Gettysburg College.

En mars 1961, une loi signée par Kennedy le réintègre dans les cadres de l’armée régulière avec son grade de général cinq étoiles. Eisenhower demeure également actif au sein du Parti républicain et soutient notamment la candidature présidentielle de Richard Nixon en 1968.

Il consacre une partie de sa retraite à la rédaction de ses mémoires. Après Crusade in Europe (1948), consacré à son commandement pendant la Seconde Guerre mondiale, il publie Mandate for Change, 1953-1956 (1963), puis Waging Peace, 1956-1961 (1965), qui portent sur ses deux mandats présidentiels. Il fait également paraître At Ease: Stories I Tell to Friends en 1967.

Victime de plusieurs problèmes cardiaques, Dwight D. Eisenhower meurt le 28 mars 1969 à l’hôpital militaire Walter Reed, à Washington, à l’âge de 78 ans. Après des funérailles nationales, il est inhumé le 2 avril dans la chapelle du Place of Meditation, au sein du complexe de sa bibliothèque présidentielle, à Abilene, dans le Kansas, où reposent également son épouse Mamie et leur premier fils, Doud Dwight.

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