David Gulpilil

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Biographie

David Gulpilil est un acteur, danseur, scénariste et conteur australien yolngu, né le 1er juillet 1953 à Maningrida, en Terre d’Arnhem, dans le Territoire du Nord, et mort le 29 novembre 2021 à Murray Bridge, en Australie-Méridionale.

La danse yolngu dans la jeunesse de David Gulpilil

L’enfance de David Gulpilil se déroule en Terre d’Arnhem, dans un cadre culturel yolngu. Avant le cinéma, la danse, la chasse et les savoirs traditionnels occupent une place essentielle dans sa formation. Son entrée dans l’univers du film ne passe pas par une école d’art dramatique, mais par une pratique corporelle et culturelle déjà maîtrisée.

La danse attire l’attention de Nicolas Roeg lors de repérages dans le Territoire du Nord. David Gulpilil est alors choisi pour jouer dans Walkabout, sorti en 1971. Ce premier rôle installe à l’écran une présence singulière, fondée sur la précision du mouvement, l’aisance physique et un rapport direct au paysage australien.

David Gulpilil et la visibilité internationale du cinéma aborigène

Walkabout donne à David Gulpilil une reconnaissance internationale dès le début des années 1970. Le film circule hors d’Australie et fait connaître son visage à un public bien plus large que celui du cinéma australien local. Cette visibilité est d’autant plus importante que les acteurs aborigènes occupent alors rarement des rôles de premier plan dans des productions diffusées à l’étranger.

L’activité de David Gulpilil contribue ensuite à donner une présence régulière aux personnages aborigènes dans le cinéma australien et international. Storm Boy, The Last Wave, Crocodile Dundee, Rabbit-Proof Fence, The Tracker et Australia figurent parmi les films qui associent son nom à des œuvres vues par des publics très différents. Le point commun le plus net reste la force de présence de l’acteur, capable d’imposer un personnage par le regard, le silence et le déplacement, ce qui est une manière assez économique de voler une scène.

La collaboration de David Gulpilil avec Rolf de Heer

Le travail avec Rolf de Heer occupe une place particulière dans le parcours de David Gulpilil. The Tracker lui vaut l’AFI Award du meilleur acteur en 2002. Le film repose sur un personnage de pisteur aborigène placé au centre d’un récit où la violence coloniale, la connaissance du territoire et le contrôle du silence deviennent des éléments dramatiques majeurs.

La collaboration se poursuit avec Ten Canoes, que David Gulpilil initie et raconte en voix off. Le film, tourné en langues aborigènes, reçoit le Prix spécial du jury dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2006. Plus tard, Charlie’s Country, coécrit par Rolf de Heer et David Gulpilil, lui vaut le Prix d’interprétation masculine Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2014, ainsi qu’un nouvel AACTA Award du meilleur acteur.

Les distinctions de David Gulpilil

La reconnaissance institutionnelle de David Gulpilil dépasse le seul cadre des prix d’interprétation. Il est nommé Member of the Order of Australia en 1987, puis reçoit la Centenary Medal en 2001. Ces distinctions saluent son apport aux arts australiens, notamment par la danse et le cinéma.

D’autres prix viennent souligner la place de David Gulpilil dans les arts aborigènes et le cinéma australien. Il reçoit le Red Ochre Award en 2013, distinction de l’Australia Council for the Arts consacrée aux artistes aborigènes et insulaires du détroit de Torres. En 2019, les NAIDOC Awards lui décernent un prix pour l’ensemble de sa carrière.

La parole, la scène et les récits de David Gulpilil

La transmission orale fait partie des activités publiques de David Gulpilil. Il publie Gulpilil’s Stories of the Dreamtime en 1979, puis The Birirrk, Our Ancestors of the Dreaming en 1983. Ces ouvrages prolongent une fonction de conteur attachée aux récits, aux langues et aux représentations culturelles de son peuple.

La scène accompagne aussi son parcours. Le spectacle Gulpilil, présenté au début des années 2000, lui vaut une nomination aux Helpmann Awards. Le documentaire Gulpilil: One Red Blood retrace une partie de sa vie et de son rapport à l’interprétation. Un autre documentaire, My Name Is Gulpilil, est consacré à ses dernières années, à son image publique et à son propre regard sur son parcours.

Le cadre familial et culturel de David Gulpilil

David Gulpilil appartient au peuple yolngu et reste associé à la Terre d’Arnhem tout au long de sa vie publique. Après sa mort, sa famille demande qu’il soit désigné pendant une période sous le nom de David Dalaithngu, conformément à des pratiques culturelles aborigènes liées au deuil.

David Gulpilil a eu plusieurs enfants. Parmi les noms publiquement documentés figurent Jida, Milan, Makia, Andrew, Jamie, Phoebe et Malakai. Des membres de sa famille travaillent aussi dans les arts, notamment dans la musique, la danse ou les pratiques visuelles liées aux traditions yolngu.

Filmographie

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