Daniel Hugh Kelly
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 10 août 1952 à Elizabeth (États-Unis)
- Âge
- 74 ans
- Filmographie
- 3 films
Daniel Hugh Kelly, né le 10 août 1952 à Elizabeth, dans le New Jersey, est un acteur américain de théâtre, de cinéma et de télévision. Il est surtout connu pour avoir incarné Mark « Skid » McCormick dans Hardcastle and McCormick (Le Juge et le Pilote), mais sa carrière comprend aussi Ryan’s Hope, Cujo, The Good Son, From the Earth to the Moon, Star Trek: Insurrection et une importante activité théâtrale.
Une formation profondément théâtrale
Daniel Hugh Kelly grandit à Elizabeth au milieu de cinq enfants. Son père et son grand-père travaillent dans la police, tandis que sa mère est assistante sociale. Il sort de la Roselle Catholic High School en 1970, puis obtient en 1974 un diplôme du Saint Vincent College, en Pennsylvanie. Il poursuit ensuite une formation supérieure en art dramatique à la Catholic University of America, à Washington, grâce à une bourse.
Avant de devenir un visage familier de la télévision, Kelly travaille surtout sur scène. Il passe par les National Players, Arena Stage, le Folger Theatre, l’Actors Theatre of Louisville et le Williamstown Theatre Festival. À New York, il joue également au Public Theater et au Second Stage Theatre. Cette expérience du répertoire et du théâtre régional restera une constante de son parcours, même durant les périodes où la télévision occupe l’essentiel de son activité.
Frank Ryan dans Ryan’s Hope
Sa première grande exposition télévisée arrive en 1978 lorsqu’il rejoint le feuilleton d’ABC Ryan’s Hope dans le rôle de Frank Ryan, personnage qu’il interprète jusqu’en 1981. Les filmographies lui attribuent environ 491 épisodes, ce qui fait de cette expérience l’un des engagements les plus longs de sa carrière.
Le rôle lui permet de passer du théâtre new-yorkais à une présence quotidienne à la télévision américaine. Après son départ du soap, NBC lui confie en 1982 le détective Frank Wajorski dans Chicago Story, série policière qui ne dure qu’une saison mais lui offre pour la première fois une place régulière dans une fiction de prime time.
Cujo, premier rôle important au cinéma
En 1983, Kelly fait ses débuts marquants au cinéma dans Cujo de Lewis Teague, adaptation du roman de Stephen King. Il joue Vic Trenton, le mari de Donna, interprétée par Dee Wallace, et le père du jeune Tad. Le récit suit notamment Donna et son fils lorsqu’ils se retrouvent enfermés dans une voiture et assiégés par un saint-bernard atteint de la rage.
Le personnage de Vic demeure en marge de la confrontation centrale avec le chien, mais son retour et sa recherche de sa famille participent directement à la progression dramatique du film. Cujo reste l’un des titres les plus fréquemment associés à Kelly en dehors de la télévision.
Mark « Skid » McCormick dans Hardcastle and McCormick
La même année, Kelly décroche le rôle qui définit durablement son image auprès du public : Mark « Skid » McCormick dans Hardcastle and McCormick, diffusée sur ABC de 1983 à 1986. Créée par Stephen J. Cannell et Patrick Hasburgh, la série associe Kelly à Brian Keith, qui interprète l’ancien juge Milton C. Hardcastle.
McCormick est un ancien détenu et pilote automobile qui devient le partenaire improbable de Hardcastle. Le ressort de la série repose largement sur l’opposition entre le juge vieillissant, autoritaire et déterminé à poursuivre les criminels ayant échappé à la justice, et McCormick, beaucoup plus instinctif, ironique et habitué à contourner les règles. Kelly apporte au personnage une combinaison de décontraction, de charme et d’énergie physique qui contraste directement avec la présence plus bourrue de Brian Keith.
La série compte trois saisons et 67 épisodes. Kelly ne se contente pas d’y jouer : durant la troisième saison, il écrit et réalise l’épisode « In the Eye of the Beholder », ajoutant ainsi la réalisation et l’écriture à ses activités professionnelles.
De I Married Dora à Black Jack Savage
Après l’arrêt de Hardcastle and McCormick, Kelly reste très présent à la télévision. Il tient notamment le rôle principal masculin de la sitcom I Married Dora en 1987-1988, puis revient à l’univers de Stephen J. Cannell avec The 100 Lives of Black Jack Savage en 1991.
Dans cette dernière, il incarne Barry Tarberry, riche homme d’affaires corrompu qui s’enfuit sur une île des Caraïbes et se retrouve associé au fantôme du pirate Black Jack Savage. Les deux personnages doivent sauver cent vies afin d’échapper à leur propre damnation. Produite par Stephen J. Cannell Productions avec Walt Disney Television, la série naît d’un téléfilm avant de se poursuivre sur NBC. Kelly en est également coproducteur.
Broadway face à Madeline Kahn et Kathleen Turner
Le succès télévisé ne l’éloigne pas du théâtre. En 1989, Kelly arrive à Broadway dans une reprise de Born Yesterday de Garson Kanin. Il interprète Paul Verrall face à Madeline Kahn, qui joue Billie Dawn. La production est présentée au Richard Rodgers Theatre.
L’année suivante, il obtient un rôle encore plus célèbre du répertoire américain : Brick dans Cat on a Hot Tin Roof (La Chatte sur un toit brûlant) de Tennessee Williams. Kathleen Turner incarne Maggie, Charles Durning Big Daddy et Polly Holliday Big Mama. La production ouvre à l’Eugene O’Neill Theatre en mars 1990.
Le choix de Brick illustre une facette plus dramatique de Kelly que celle proposée par Hardcastle and McCormick. Le personnage, ancien sportif alcoolique enfermé dans le silence et le ressentiment, exige une retenue très différente de l’énergie expansive de McCormick.
The Good Son, Bad Company et les rôles de caractère
Au cinéma, Kelly poursuit essentiellement une carrière de second rôle de caractère. En 1993, il interprète Wallace Evans dans The Good Son, thriller avec Macaulay Culkin et Elijah Wood. Deux ans plus tard, il joue Les Goodwin dans Bad Company avec Laurence Fishburne et Ellen Barkin.
Sa filmographie comprend également Nowhere to Hide et Someone to Watch Over Me en 1987, puis Chill Factor en 1999 et The In Crowd en 2000. Selon les productions, Kelly incarne policiers, militaires, pères de famille, hommes d’affaires ou responsables institutionnels, rôles pour lesquels sa stature et son expérience théâtrale sont régulièrement utilisées.
Gene Cernan dans From the Earth to the Moon
En 1998, Kelly rejoint l’imposante distribution de la mini-série HBO From the Earth to the Moon, produite notamment par Tom Hanks et consacrée au programme Apollo. Il y interprète l’astronaute Eugene « Gene » Cernan, qui participa à Apollo 10 avant de commander Apollo 17. Kelly apparaît dans cinq épisodes.
Le projet rassemble de très nombreux acteurs appelés à incarner les astronautes, ingénieurs et responsables de la NASA sur une période allant des débuts d’Apollo jusqu’aux dernières missions lunaires. Pour Kelly, ce rôle offre un registre plus historique et réaliste que les séries d’action ou les téléfilms qui dominaient alors une partie de sa carrière.
Sojef dans Star Trek: Insurrection
Toujours en 1998, il rejoint l’univers de Star Trek dans Star Trek: Insurrection, réalisé par Jonathan Frakes. Kelly joue Sojef, l’un des principaux représentants du peuple Ba’ku et père d’Artim.
Les Ba’ku vivent sur une planète dont les propriétés particulières ralentissent le vieillissement et restaurent progressivement la santé. Leur existence se retrouve menacée par un projet visant à exploiter ces propriétés, ce qui conduit l’équipage de l’Enterprise à entrer en conflit avec les autorités de la Fédération. Sojef appartient ainsi au groupe autour duquel se structure le dilemme moral du film.
Père de huit enfants dans Second Noah
Entre 1996 et 1997, Kelly tient également le rôle-titre de la série ABC Second Noah. Il y incarne Noah Beckett, écrivain marié à une vétérinaire et père adoptif d’une famille exceptionnellement nombreuse composée de huit enfants. James Marsden, encore au début de sa carrière, joue l’un de ses fils.
Cette série familiale exploite une facette beaucoup plus chaleureuse de l’acteur que ses personnages de policiers ou d’hommes d’autorité. La maison des Beckett accueille aussi de nombreux animaux, prolongeant le parallèle assumé avec l’arche de Noé suggéré par le titre.
Ben Cartwright dans Ponderosa
Kelly entre ensuite dans l’une des familles les plus célèbres de l’histoire du western télévisé en incarnant Ben Cartwright dans Ponderosa, série diffusée en 2001-2002. Le programme fonctionne comme une préquelle de Bonanza et montre un Ben Cartwright plus jeune élevant ses fils Adam, Hoss et Little Joe.
Le personnage avait été immortalisé par Lorne Greene dans Bonanza. La version de Kelly doit donc reprendre une figure déjà fortement identifiée tout en la représentant à une étape antérieure de sa vie, avant l’époque couverte par la série originale.
Un retour aux soaps et de nombreux rôles invités
Des décennies après Ryan’s Hope, Kelly revient au feuilleton quotidien avec As the World Turns. Il y interprète le colonel Winston Mayer, père de Noah Mayer, à partir de 2007, puis reprend ponctuellement le personnage.
Sa carrière télévisée comprend parallèlement de nombreuses apparitions dans des séries comme Law & Order, The West Wing, Boston Legal, Supernatural, NCIS: Los Angeles, Major Crimes ou Las Vegas. Cette succession de rôles lui permet de maintenir sur plusieurs décennies le profil d’un acteur capable de passer du protagoniste régulier au guest star sans se limiter à un genre précis.
Un acteur partagé entre scène et écran
La particularité du parcours de Daniel Hugh Kelly tient finalement à l’équilibre entre acteur populaire de télévision et comédien issu du théâtre de répertoire. Mark McCormick lui apporte une identité télévisuelle immédiatement reconnaissable, mais Broadway lui permet parallèlement d’interpréter des personnages comme Paul Verrall et surtout Brick, tandis que Cujo, From the Earth to the Moon et Star Trek: Insurrection l’installent dans des univers cinématographiques très différents.
Sa carrière illustre ainsi un modèle particulièrement courant chez les acteurs américains formés dans les années 1970 : théâtre régional, soap opera, série de prime time, cinéma, retour régulier à la scène puis multiplication des rôles de caractère. Dans son cas, Hardcastle and McCormick demeure le rôle emblématique, mais il ne représente qu’une partie d’un parcours qui s’étend du Public Theater aux grandes franchises hollywoodiennes.