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Film Index

Clarence Muse

Casting

Nationalité
 États-Unis
Mort
13 octobre 1979
Âge
90 ans
Autre nom
Clarence Edouard Muse
Filmographie
4 films

Biographie

Clarence Muse est un acteur, chanteur, compositeur, scénariste et metteur en scène américain né le 14 octobre 1889 à Baltimore, dans le Maryland, et mort le 13 octobre 1979 à Perris, en Californie. Pionnier du cinéma afro-américain, il compte parmi les premiers acteurs noirs à tenir des rôles importants dans les productions des grands studios hollywoodiens. Il participe à plus de 150 films et contribue également à l’écriture de scénarios et de chansons, dont When It’s Sleepy Time Down South, popularisée par Louis Armstrong.

Du droit au théâtre afro-américain

Fils d’Alexander et Mary Muse, Clarence Muse grandit à Baltimore avant de suivre des études de droit à Carlisle, en Pennsylvanie. En 1908, il entre à la Dickinson School of Law, où les étudiants afro-américains sont alors très peu nombreux. Il abandonne cependant ses études juridiques pour entreprendre une carrière artistique, dans un contexte où les possibilités professionnelles offertes aux juristes noirs sont fortement limitées.

Il commence à chanter en public vers 1912, notamment sur des bateaux naviguant sur l’Hudson et dans des cafés de Palm Beach, en Floride. Il se produit ensuite à l’Airdome Theatre de Jacksonville et rejoint des compagnies itinérantes afro-américaines qui parcourent le sud et l’est des États-Unis. Ces engagements lui permettent d’exercer son métier devant des publics soumis aux lois de ségrégation raciale.

Installé à New York, Clarence Muse joue avec les Lincoln Players, puis participe en 1922 à la création de la Lafayette Players Stock Company, troupe installée à Harlem. Cette compagnie présente des œuvres dramatiques du répertoire classique et contemporain, notamment des pièces habituellement interprétées par des acteurs blancs.

Au sein de cette troupe, il interprète le double personnage principal du Docteur Jekyll et de M. Hyde, d’après Robert Louis Stevenson. Il utilise une perruque et un maquillage spécialement conçu pour transformer son apparence. Il participe également à une production de l’opéra Thaïs de Jules Massenet réunissant près de 190 interprètes afro-américains.

Une place pionnière dans le cinéma parlant

En 1929, Clarence Muse est engagé par la Fox Film Corporation pour jouer Nappus dans Hearts in Dixie, réalisé par Paul Sloane. Cette comédie musicale, interprétée par une distribution entièrement afro-américaine, figure parmi les premiers longs métrages parlants produits à Hollywood.

Le film se déroule dans une communauté noire du sud des États-Unis et mêle scènes dramatiques et numéros musicaux. La participation de Clarence Muse lui apporte une visibilité nouvelle auprès des producteurs hollywoodiens. L’acteur s’installe durablement en Californie, où il obtient de nombreux engagements au cours des années suivantes.

Dans Les Aventures de Huckleberry Finn (Huckleberry Finn, 1931), adaptation du roman de Mark Twain réalisée par Norman Taurog, il interprète Jim, esclave en fuite qui accompagne le jeune Huck sur le Mississippi. Il joue ensuite Whitey, employé d’écurie, dans La Course de Broadway Bill (Broadway Bill, 1934), réalisé par Frank Capra. Son personnage aide un éleveur, incarné par Warner Baxter, à préparer un cheval pour une compétition hippique.

La collaboration avec Capra se prolonge en 1950 dans Jour de chance (Riding High), nouvelle adaptation de la même histoire, cette fois avec Bing Crosby dans le rôle principal. Clarence Muse y reprend le personnage de Whitey.

La représentation des Afro-Américains à Hollywood

Durant les années 1930, Clarence Muse travaille dans une industrie cinématographique où les acteurs noirs se voient principalement proposer des personnages de domestiques, de porteurs ou de travailleurs agricoles. Il interprète fréquemment des employés de maison, dans des productions dominées par des vedettes blanches.

En 1932, il publie The Dilemma of the Negro Actor, essai consacré aux difficultés rencontrées par les comédiens afro-américains. Il y examine le choix auquel ils sont confrontés entre l’interprétation de personnages correspondant aux stéréotypes raciaux du cinéma commercial et la recherche de rôles dramatiques plus complexes.

Sa réflexion s’accompagne d’activités d’écriture destinées à développer des productions donnant davantage de place aux artistes noirs. En 1939, il collabore avec le poète Langston Hughes au scénario de Way Down South, réalisé par Bernard Vorhaus. Située en Louisiane au XIXe siècle, l’intrigue raconte les difficultés d’un jeune héritier blanc et de plusieurs personnages noirs vivant dans une plantation.

Le film constitue l’une des premières productions des grands studios hollywoodiens dont le scénario est écrit par des auteurs afro-américains. Clarence Muse y tient également un rôle important, celui de l’oncle Caton.

L’année suivante, il participe à l’écriture de Broken Strings (1940), réalisé par Bernard B. Ray. Il y incarne Arthur Williams, violoniste classique dont la carrière est interrompue par une blessure à la main. Son fils souhaite devenir musicien de jazz, provoquant un conflit entre les conceptions musicales des deux générations. Cette production indépendante réunit une distribution afro-américaine.

À partir des années 1960, Clarence Muse fait l’objet de critiques concernant sa participation à des films véhiculant des stéréotypes raciaux. Lors d’une rencontre publique organisée en 1973, il répond à des spectateurs lui reprochant d’avoir accepté des personnages serviles. Il défend alors ses choix professionnels et rappelle les contraintes auxquelles étaient soumis les comédiens noirs au cours de ses premières décennies d’activité.

La chanson et la collaboration avec Louis Armstrong

Parallèlement à son activité d’acteur, Clarence Muse compose des chansons et participe à l’écriture de spectacles musicaux. En 1931, il cosigne avec les frères Leon et Otis René When It’s Sleepy Time Down South, chanson évoquant la nostalgie du sud des États-Unis ressentie par un homme installé dans une grande ville.

La chanson est interprétée par Nina Mae McKinney dans Safe in Hell (1931), réalisé par William A. Wellman. Elle est également enregistrée par Louis Armstrong et devient l’un des morceaux emblématiques du trompettiste, qui l’utilise pendant plusieurs décennies pour ouvrir ses concerts.

Les paroles, qui idéalisent la vie dans le Sud américain, suscitent cependant des critiques en raison de leur représentation nostalgique d’une région marquée par l’esclavage et la ségrégation raciale. Armstrong en modifie certaines formulations au cours de sa carrière.

Clarence Muse participe aussi à la composition musicale de Spirit of Youth (1938), réalisé par Harry L. Fraser et interprété par le champion de boxe Joe Louis. Le film retrace l’ascension d’un jeune boxeur afro-américain. Muse y interprète Frankie Walburn, un entraîneur qui accompagne le protagoniste. Il travaille directement avec Joe Louis pour l’aider à préparer ses scènes et ses dialogues.

Son activité de compositeur comprend également la symphonie Harlem Heab’n, inspirée par la culture musicale afro-américaine.

La mise en scène et l’engagement pendant la Seconde Guerre mondiale

Au cours des années 1930, Clarence Muse dirige des productions théâtrales à Los Angeles. Il met notamment en scène Run, Little Chillun, pièce musicale de Hall Johnson créée en 1933, qui aborde les relations entre les traditions religieuses afro-américaines et les pratiques populaires.

Le spectacle est repris à Broadway en août 1943, au Hudson Theatre, dans une mise en scène de Clarence Muse. Cette production fait de lui l’un des premiers metteurs en scène afro-américains à diriger un spectacle sur Broadway.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux activités du Hollywood Victory Committee, organisation chargée de mobiliser les personnalités du cinéma pour soutenir l’effort de guerre américain. Il rejoint également la Hollywood Writers Mobilization, qui rassemble des scénaristes travaillant à la production de documents et de programmes de propagande.

Il se produit devant des militaires américains et visite des hôpitaux accueillant des soldats blessés. Il participe notamment à des spectacles organisés dans les centres de loisirs de l’United Service Organizations (USO), y compris dans les établissements réservés aux militaires afro-américains.

Une reconnaissance dans l’histoire du cinéma afro-américain

En 1972, Clarence Muse reçoit un doctorat honorifique du Bishop College de Dallas, au Texas. L’année suivante, il entre au Black Filmmakers Hall of Fame, institution fondée à Oakland, en Californie, pour honorer les personnalités afro-américaines ayant contribué au développement du cinéma.

En 1977, il fait l’objet du documentaire Black Star of the Silver Screen: The Story of Clarence Muse, consacré à son parcours artistique et à l’évolution de la place des interprètes noirs à Hollywood.

Sa carrière se poursuit jusqu’à un âge avancé. Dans Car Wash (1976), comédie réalisée par Michael Schultz, il incarne Snapper, un vieil homme qui fréquente une station de lavage automobile de Los Angeles. Le film réunit une distribution majoritairement afro-américaine et décrit le quotidien de ses employés.

Son dernier rôle est celui de Snoe dans L’Étalon noir (The Black Stallion, 1979), réalisé par Carroll Ballard et produit par Francis Ford Coppola. Dans ce film adapté du roman de Walter Farley, il interprète un homme qui travaille dans l’écurie où est accueilli un cheval arabe revenu d’une île déserte avec un jeune garçon. Il donne notamment la réplique à Mickey Rooney, qui incarne l’entraîneur Henry Dailey.

Clarence Muse meurt le 13 octobre 1979 à Perris, en Californie, à la veille de son quatre-vingt-dixième anniversaire, des suites d’une hémorragie cérébrale.

Filmographie

  • L'Étalon noir
    Tout public

    Alors qu’il voyage en compagnie de son père, le jeune Alec Ramsey se retrouve sur un paquebot qui fait naufrage en pleine mer. Le garçon est sauvé par un bel étalon noir. Tous les deux échouent, épuisés, sur une île déserte. Alec tente d’apprivoiser le cheval et le nomme Black en raison de sa couleur. C’est le début d’une grande amitié.

    1979 1h57 Snoe

  • Car Wash
    Tout public

    Le film conte une journée ordinaire dans une station de lavage manuelle de Los Angeles. On trouve le patron américain type affublé de son fils maoïste, les laveurs de voiture, petites gens venus de tous les horizons, et les divers clients, tous sont plus farfelus les uns que les autres : le rebelle prônant la suprématie noire, l’ancien détenu, l’obèse surnommé Hippo, les jeunes écervelés, l’homosexuel, le bookmaker, les danseurs qui croient qu’Hollywood les attend, l’amoureux transi, qui rêve de devenir un super-héros, mais qui n’arrive pas à séduire la serveuse du restaurant d’en face.

    1976 1h37 Snapper

  • Porgy and Bess
    Tout public

    Porgy, un mendiant infirme, est amoureux de Bess, une femme de mœurs légères qui préfère toutefois s’adonner à la drogue et rester avec son compagnon, Crown. Après avoir commis un meurtre à la suite d’une dispute et avoir dû prendre la fuite, Crown, Bess trouve refuge auprès de Porgy. Cependant, Crown réapparaît bientôt pour réclamer Bess. Il est tué par Porgy, qui se cache ensuite. Profitant de l’occasion, Bess suit le trafiquant de drogue « Sportin' Life » à New York, ville où Porgy a l’intention de la rejoindre.

    1959 2h18 Peter

  • Le soleil brille pour tout le monde
    Tout public

    1905, dans le Kentucky. Pour la troisième fois de sa carrière, le juge Priest se présente aux élections contre son habituel rival, l’arrogant Horace K. Maydow. Il lui faut jongler avec la campagne électorale et ses devoirs de juge, qu’il continue pourtant d’assumer en son âme et conscience, fidèle à ses principes moraux et à ses convictions humanistes. Les plus sectaires n’apprécient guère les prises de position tranchées de l’homme de loi. Mais, hostile à toute démagogie et au risque de perdre des voix, Priest refuse la compromission. Il préserve ainsi du lynchage un Noir accusé de viol, veille à ce que soit exaucé le dernier vœu d’une prostituée et lave un ancien combattant sudiste des calomnies dont on l’a souillé…

    1953 1h42 Uncle Zack