Buster Keaton
Casting
- Nationalité
- États-Unis
- Naissance
- 3 octobre 1895 à Piqua (États-Unis)
- Mort
- 1er février 1966
- Âge
- 70 ans
- Autre nom
- Joseph Frank Keaton
- Récompense
- 1 nomination et 1 victoire
- Filmographie
- 6 films
Biographie
Buster Keaton, de son vrai nom Joseph Frank Keaton, est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 4 octobre 1895 à Piqua, dans le Kansas, et mort le 1er février 1966 à Los Angeles, en Californie. Figure majeure du cinéma burlesque muet, il construit une grande partie de ses films autour de prouesses physiques exécutées avec un visage presque impassible, caractéristique qui lui vaut le surnom de « Great Stone Face ».
Une enfance passée sur les scènes de vaudeville
Buster Keaton naît dans une famille d’artistes de vaudeville. Son père, Joe Keaton, et sa mère, Myra Cutler, se produisent sur scène et intègrent très tôt leur fils à leur numéro. Encore enfant, il devient ainsi le troisième membre des Three Keatons. Le spectacle repose en grande partie sur une comédie physique dans laquelle son père le projette, le fait tomber ou le transporte à travers le décor.
Ces années lui permettent d’acquérir une maîtrise très précoce de la chute et de l’acrobatie. Buster Keaton apprend à limiter les risques de blessure tout en donnant au public l’impression de chutes violentes. Il constate aussi que les spectateurs rient davantage lorsqu’il conserve une expression sérieuse. Cette absence de sourire devient ensuite l’une des caractéristiques de son personnage à l’écran.
La tradition familiale attribue son surnom « Buster » à Harry Houdini, proche des Keaton. Les versions rapportées sur les circonstances exactes divergent cependant, et ce récit appartient en partie à la légende entretenue par Keaton lui-même. Le nom de scène s’impose néanmoins dès son enfance.
Roscoe Arbuckle et l’apprentissage du cinéma
En 1917, Buster Keaton quitte le numéro familial et rencontre Roscoe « Fatty » Arbuckle, alors l’un des acteurs comiques les plus populaires du cinéma américain. Arbuckle l’engage dans The Butcher Boy. Keaton découvre à cette occasion le fonctionnement d’une caméra et s’intéresse immédiatement aux possibilités propres au langage cinématographique.
Il tourne ensuite dans une série de courts métrages avec Arbuckle. Cette collaboration lui permet d’apprendre aussi bien le jeu face à la caméra que les techniques de tournage et de montage. Après son service militaire en Europe pendant la Première Guerre mondiale, Buster Keaton retrouve le cinéma et obtient en 1920 la possibilité de produire ses propres courts métrages. Le producteur Joseph M. Schenck lui confie l’ancien studio d’Arbuckle ainsi qu’une partie de son équipe technique.
One Week, sorti en 1920, compte parmi les premières œuvres dans lesquelles son univers apparaît pleinement constitué. Buster Keaton y exploite une maison préfabriquée mal assemblée pour construire une succession de gags fondés sur l’espace, les objets et le mouvement.
Un personnage impassible dans un monde instable
Durant les années 1920, Buster Keaton développe une forme de comédie dans laquelle son personnage affronte des machines, des bâtiments ou des environnements qui semblent échapper à tout contrôle. Son visage demeure impassible lorsque les événements deviennent de plus en plus chaotiques.
Cette approche repose autant sur son travail d’acteur que sur une conception précise de l’image. Buster Keaton utilise la profondeur du cadre et la disposition des éléments du décor pour construire ses gags. Il privilégie souvent des plans suffisamment larges pour que le spectateur puisse voir son corps entier et constater que les cascades sont réellement exécutées.
Dans Sherlock Jr., réalisé en 1924, il joue un projectionniste qui rêve d’entrer littéralement dans le film projeté. Une séquence fait passer son personnage d’un décor à un autre à chaque changement de plan, grâce à un travail extrêmement précis de cadrage et de montage. Le film combine prouesses physiques et expérimentations sur le fonctionnement même du cinéma.
Le tournage comporte aussi des risques importants. Au cours d’une scène, Buster Keaton chute sur une voie ferrée après avoir été frappé par l’eau provenant d’un réservoir. Une blessure au cou ne sera diagnostiquée que plusieurs années plus tard.
The General et l’usage des machines
Les trains occupent une place particulière dans l’univers de Buster Keaton. Ils lui permettent de construire des gags où les mouvements mécaniques du véhicule répondent directement à ceux de son personnage.
Cette logique atteint une grande ampleur dans The General, réalisé avec Clyde Bruckman et sorti en 1926. Inspiré d’un épisode réel de la guerre de Sécession, le film met en scène un mécanicien qui poursuit des soldats nordistes après le vol de sa locomotive. L’intrigue repose presque entièrement sur deux longues poursuites ferroviaires disposées symétriquement.
Pour la séquence la plus spectaculaire, Buster Keaton fait précipiter une véritable locomotive d’un pont en flammes. Le tournage mobilise d’importants moyens et contribue au coût élevé du film. The General rencontre un succès commercial insuffisant lors de sa sortie, alors qu’il sera ensuite largement reconnu comme l’une des œuvres majeures du cinéma muet.
La recherche de gags physiques atteint encore un sommet dans Steamboat Bill, Jr. en 1928. Au cours de la célèbre séquence de tempête, une façade entière s’abat autour de Buster Keaton, qui échappe à l’écrasement grâce à l’ouverture d’une fenêtre placée exactement à l’endroit où il se tient. Le tournage utilise également d’immenses hélices d’avion pour produire les effets du vent.
La perte de son indépendance à la MGM
À la fin de 1927, Joseph M. Schenck cesse de financer Buster Keaton Productions. Buster Keaton signe alors un contrat avec Metro-Goldwyn-Mayer. Il regrettera plus tard cette décision, car le fonctionnement très hiérarchisé du studio réduit considérablement son contrôle sur l’écriture et la réalisation.
Son premier grand film pour la MGM, The Cameraman, sorti en 1928, conserve encore une partie de ses méthodes précédentes. Il y interprète un photographe qui tente de devenir opérateur d’actualités afin de se rapprocher d’une employée du studio. Le film lui permet de construire plusieurs séquences autour de l’appareil de prise de vues lui-même.
La généralisation du cinéma parlant coïncide avec cette perte d’autonomie. Buster Keaton continue à tourner, parfois avec Jimmy Durante, mais ses films sont désormais davantage déterminés par les scénarios et les méthodes de production de la MGM. Le studio met fin à son contrat en 1933.
Cette période est également marquée par de graves difficultés personnelles et par une consommation importante d’alcool. Buster Keaton poursuit néanmoins son activité professionnelle, réalise des courts métrages pour Educational Pictures puis Columbia, et travaille également comme auteur de gags pour d’autres comédiens.
La redécouverte de son œuvre
À partir des années 1940 et surtout durant la décennie suivante, Buster Keaton réapparaît plus régulièrement à l’écran. Billy Wilder lui confie en 1950 une brève apparition dans Sunset Boulevard, aux côtés d’autres vedettes du cinéma muet.
En 1952, Charlie Chaplin le fait jouer dans Limelight. Les deux grands comiques y partagent une séquence de music-hall dans laquelle Keaton accompagne Chaplin au piano. L’intérêt pour ses anciens films recommence alors à se développer auprès du public et des historiens du cinéma.
La télévision lui offre également de nouvelles possibilités. Buster Keaton reprend certains de ses anciens gags et apparaît dans des émissions où ses capacités physiques restent une composante essentielle de son jeu.
L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui attribue en 1959 un Oscar d’honneur, remis lors de la cérémonie du 4 avril 1960, pour ses talents et sa contribution à la comédie cinématographique.
Samuel Beckett et les dernières années
En 1965, Buster Keaton tient le rôle principal de Film, court métrage écrit par Samuel Beckett et réalisé par Alan Schneider. Presque entièrement muet, le film repose sur la relation entre le personnage de Keaton et la caméra qui cherche à le regarder.
Ce projet intervient à une période où son œuvre du cinéma muet fait déjà l’objet d’une réévaluation internationale. Des restaurations et des rétrospectives permettent de revoir des films qui avaient longtemps été difficiles d’accès, tandis que des historiens commencent à documenter systématiquement son travail.
Buster Keaton tourne encore peu avant sa mort, notamment dans A Funny Thing Happened on the Way to the Forum de Richard Lester. Il meurt d’un cancer du poumon à Los Angeles le 1er février 1966, à l’âge de 70 ans.
Filmographie
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1952 2h17 Calvero's Partner
Récompenses
1
nomination
1
victoire
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1
1960
Academy Awards #32
- Oscar d'honneur (for his unique talents which brought immortal comedies to the screen.)