Bernard Rose

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Biographie

Bernard Rose, né le 4 août 1960 à Londres, est un réalisateur, scénariste, monteur, directeur de la photographie et compositeur britannique. Formé à la National Film and Television School, il est notamment connu pour avoir écrit et réalisé Candyman ainsi que le film biographique Ludwig van B..

Des films en Super 8 aux vidéoclips britanniques

Bernard Rose commence à tourner des films en Super 8 à l’âge de neuf ans. En 1975, il remporte un concours de cinéma amateur organisé par la BBC, qui diffuse l’un de ses courts métrages. Il travaille ensuite auprès de Jim Henson pendant la dernière saison du Muppet Show, puis participe à la fabrication de Dark Crystal.

Diplômé de la National Film and Television School en 1982, Bernard Rose réalise plusieurs vidéoclips au moment où ce format occupe une place croissante dans l’industrie musicale britannique. Il signe en 1983 les images de « Red Red Wine » pour UB40 et la première version de « Relax » pour Frankie Goes to Hollywood. L’année suivante, Bronski Beat lui confie « Smalltown Boy », dont le récit suit un jeune homme quittant sa ville après avoir subi une agression homophobe.

La télévision précède ses premiers longs métrages destinés aux salles. Bernard Rose réalise notamment deux épisodes de Prospects en 1986, série britannique consacrée à deux jeunes chômeurs de l’East End londonien. Cette période lui permet de passer du format musical à des récits dramatiques plus développés.

L’imaginaire de l’enfance dans Paperhouse

Sorti en 1988, Paperhouse adapte le roman Marianne Dreams de Catherine Storr. Bernard Rose y raconte l’histoire d’une jeune fille malade dont les dessins semblent déterminer le contenu de ses rêves. Charlotte Burke interprète Marianne, tandis qu’Elliott Spiers joue Marc, garçon immobilisé qu’elle rencontre dans cet univers.

Le film reçoit le Corbeau d’or au Festival international du film fantastique de Bruxelles et le prix spécial du jury à Fantasporto. Ces distinctions apportent à Bernard Rose une reconnaissance dans les festivals consacrés au fantastique, quatre ans avant la sortie de son œuvre la plus connue dans ce registre.

Candyman et la transposition de Clive Barker

En 1992, Bernard Rose écrit et réalise Candyman à partir de la nouvelle « The Forbidden » de Clive Barker. Le texte original se déroule à Liverpool, tandis que le film déplace l’intrigue à Chicago et utilise le complexe de logements sociaux Cabrini-Green comme cadre de l’enquête menée par Helen Lyle, doctorante interprétée par Virginia Madsen. Tony Todd incarne Daniel Robitaille, personnage invoqué devant un miroir lorsque son surnom est répété cinq fois.

La musique est composée par Philip Glass. Bernard Rose associe le récit surnaturel aux légendes urbaines et à la circulation orale d’une histoire au sein d’un quartier marqué par la ségrégation résidentielle. Le film remporte le Grand Prix et le prix du public au Festival international du film fantastique d’Avoriaz. Son scénario vaut également au cinéaste une nomination au Saturn Award.

Tony Todd devient l’un des collaborateurs récurrents de Bernard Rose. L’acteur retrouve le réalisateur dans Frankenstein, adaptation contemporaine du roman de Mary Shelley tournée à Los Angeles. Ce film reçoit à son tour le Corbeau d’or du Festival international du film fantastique de Bruxelles en 2015.

Beethoven et les adaptations littéraires

Deux ans après Candyman, Bernard Rose écrit et réalise Ludwig van B., dont Gary Oldman interprète le personnage central. Le récit commence après la mort de Ludwig van Beethoven, lorsqu’Anton Schindler cherche à identifier la destinataire d’une lettre adressée à une « immortelle bien-aimée ». Jeroen Krabbé joue Schindler au sein d’une distribution qui comprend Isabella Rossellini.

Le film organise la vie du compositeur sous la forme de souvenirs recueillis auprès de plusieurs femmes. Bernard Rose utilise les œuvres de Beethoven dans la bande sonore et relie leur exécution aux différentes périodes représentées. L’identité proposée pour la destinataire de la lettre constitue une construction propre au scénario et ne correspond pas au consensus des spécialistes du compositeur.

Léon Tolstoï fournit ensuite à Bernard Rose plusieurs matériaux d’adaptation. Anna Karénine, sorti en 1997 avec Sophie Marceau, est suivi par des transpositions contemporaines plus indépendantes. Ivans xtc. reprend la nouvelle La Mort d’Ivan Ilitch dans l’industrie cinématographique de Los Angeles et confie son rôle principal à Danny Huston. Le réalisateur assure également la photographie et le montage de cette production tournée en vidéo numérique.

Cette collaboration avec Danny Huston se poursuit dans The Kreutzer Sonata. Bernard Rose déplace le récit de Tolstoï dans la Californie contemporaine et conserve la jalousie conjugale comme moteur du drame. L’acteur apparaît aussi dans Two Jacks, inspiré d’une autre nouvelle de l’écrivain russe.

Une pratique indépendante du cinéma numérique

Avec Ivans xtc., Bernard Rose adopte une production légère reposant sur la vidéo numérique. Il cumule les fonctions de réalisateur, scénariste, directeur de la photographie et monteur, tandis que le tournage utilise des décors réels de Los Angeles. Le film lui vaut des nominations à l’Independent Spirit Award de la meilleure réalisation et au prix John Cassavetes.

Cette méthode se retrouve dans Boxing Day, adaptation libre de la nouvelle Maître et Serviteur de Tolstoï. Danny Huston y joue un investisseur immobilier parcourant le Colorado avec un chauffeur interprété par Matthew Jacobs. Présenté à la Mostra de Venise en 2012, le film est nommé au prix Orizzonti.

Le parcours international de Bernard Rose comprend également Samurai Marathon, production japonaise située à la fin de l’époque d’Edo. Le cinéaste en assure la réalisation et participe au scénario, dans un projet interprété en japonais par une distribution locale.

Filmographie

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