Bernard Murat
- Casting
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 24 novembre 1941 à Oran (Algérie)
- Âge
- 84 ans
- Membre de la famille
- Murat
- Filmographie
- 2 films
Bernard Murat, né le 24 novembre 1941 à Oran, en Algérie française, est un metteur en scène, acteur et réalisateur français.
De la rue Blanche à la direction d'acteurs
Arrivé à Paris au cours des années 1950, Bernard Murat se forme au Centre d'art dramatique de la rue Blanche dans la classe de Berthe Bovy, puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique auprès de Robert Manuel. Avant cette formation, il rejoint le Théâtre du petit Jacques et interprète Banban dans Les Aventures de Bidibi et Banban, spectacle destiné au jeune public.
Entre 1960 et 1962, Bernard Murat travaille comme assistant de Jacques Charon aux Bouffes-Parisiens. Il participe alors à la préparation de spectacles classiques et acquiert une expérience de la direction d'acteurs plusieurs années avant de signer ses propres mises en scène.
Une autre activité occupe une place importante dans ses premières décennies professionnelles. À partir de la fin des années 1960, Bernard Murat travaille régulièrement dans le doublage. Il devient notamment l'une des voix françaises de Woody Allen et double aussi Al Pacino. Il prête également sa voix à Bill Murray dans les deux premiers SOS Fantômes. Cette activité se raréfie au début des années 1990, avant une dernière participation comme voix française de Woody Allen dans le film d'animation Fourmiz.
Tailleur pour dames et Pierre Arditi
La carrière de metteur en scène de Bernard Murat prend une nouvelle dimension en 1985 avec Tailleur pour dames de Georges Feydeau, dans une adaptation de Jean Poiret. Pierre Arditi tient le rôle principal. Cette production vaut à Murat le prix Dominique de la mise en scène.
Pierre Arditi devient ensuite l'un de ses collaborateurs réguliers. Bernard Murat le dirige notamment dans La Répétition ou l'Amour puni de Jean Anouilh, où jouent également Anny Duperey et Bernard Giraudeau. La production comprend aussi Emmanuelle Béart, encore au début de sa carrière théâtrale.
Le prix Dominique récompense de nouveau Bernard Murat pour Deux sur la balançoire de William Gibson, dans l'adaptation de Jean-Loup Dabadie. Nicole Garcia tient le rôle de Gittel, d'abord face à Jacques Weber puis, lors d'une reprise, face à Jean-Louis Trintignant.
Le travail avec des interprètes déjà reconnus devient une caractéristique régulière de ses productions. En 1989, Bernard Murat met en scène Isabelle Huppert dans Un mois à la campagne d'Ivan Tourgueniev au Théâtre Édouard-VII. Plusieurs années plus tard, Fanny Ardant et Niels Arestrup jouent sous sa direction dans La Musica deuxième de Marguerite Duras à la Gaîté-Montparnasse.
Le répertoire contemporain et les retours sur scène
Les mises en scène de Bernard Murat couvrent aussi bien les auteurs classiques que le théâtre contemporain. Il travaille sur des textes de Marivaux, Alfred de Musset et Luigi Pirandello, tout en montant Harold Pinter, David Hare et Jean-Claude Carrière.
En 1994, Bernard Murat dirige Jean-Pierre Marielle dans Le Retour de Harold Pinter au Théâtre de l'Atelier. Il retrouve l'auteur britannique à plusieurs reprises au cours de son activité. Ses distributions réunissent également des comédiens dont les apparitions théâtrales sont alors plus espacées que leurs rôles au cinéma.
Certaines productions correspondent à des débuts ou des retours importants sur les planches. Bernard Murat dirige ainsi Charlotte Rampling dans La Fausse Suivante de Marivaux et Jean Dujardin dans Le Prénom de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière. Il travaille aussi avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Michel Bouquet au cours de ses nombreuses mises en scène parisiennes.
En 2002, La Preuve de David Auburn, adaptée par Jean-Claude Carrière, réunit sous sa direction Anouk Grinberg, Rufus et Anne Consigny au Théâtre des Mathurins. La production reçoit quatre nominations aux Molières en 2003.
Le Théâtre Édouard-VII
À partir de 2001, Bernard Murat prend avec Jean-Louis Livi la direction du Théâtre Édouard-VII à Paris. La programmation y associe des reprises de Sacha Guitry à des auteurs contemporains. Il dirige parallèlement le Théâtre des Mathurins pendant une partie des années 2000.
Le Théâtre Édouard-VII devient le lieu de nombreuses mises en scène de Bernard Murat. Il y présente notamment Comme s'il en pleuvait de Sébastien Thiéry en 2012, avec Pierre Arditi et Évelyne Buyle. Deux ans plus tard, il dirige Michel Aumont et Grégoire Bonnet dans Un dîner d'adieu, écrit par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière.
L'activité de Bernard Murat comprend également des responsabilités collectives dans le théâtre privé. Il préside pendant plusieurs années le Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé et exerce des responsabilités au sein de l'Association pour le soutien du théâtre privé.
De la scène à l'écran
Plusieurs spectacles mis en scène par Bernard Murat connaissent également une adaptation audiovisuelle. Désiré de Sacha Guitry devient en 1996 un film qu'il réalise lui-même, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle-titre et Fanny Ardant dans celui d'Odette Cléry.
Il réalise aussi pour la télévision des adaptations de spectacles qu'il avait montés sur scène. La Jalousie de Sacha Guitry réunit Michel Piccoli et Anne Brochet, tandis que Mon père avait raison associe Claude Brasseur à son fils Alexandre Brasseur. Pour Faisons un rêve, Bernard Murat dirige Pierre Arditi, Clotilde Courau et Martin Lamotte dans une nouvelle transposition d'une pièce de Guitry.