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Film Index

Aurora Bautista

Casting

Nationalité
 Espagne
Mort
27 août 2012
Âge
86 ans
Autre nom
Aurora Bautista Zúmel
Filmographie
5 films

Biographie

Aurora Bautista, de son nom complet Aurora Bautista Zúmel, née le 15 octobre 1925 à Villanueva de los Infantes, dans la province espagnole de Valladolid, et morte le 27 août 2012 à Madrid, est une actrice espagnole. Figure du cinéma historique sous le régime franquiste, elle acquiert une grande popularité grâce à son interprétation de Jeanne de Castille dans Poignard et Trahison (Locura de amor, 1948), avant de tenir le rôle principal de La Tía Tula (1964), de Miguel Picazo.

Une formation marquée par la guerre civile espagnole

Aurora Bautista passe les premières années de son enfance à Madrid, où elle fréquente l’Instituto-Escuela. Pendant la guerre civile espagnole, sa famille quitte la capitale pour Archena, dans la région de Murcie, avant de s’installer à Barcelone. Elle y poursuit ses études secondaires et entre en 1941 à l’Institut du théâtre, où elle reçoit l’enseignement de Guillermo Díaz-Plaja et de Marta Grau.

Elle fait ses débuts professionnels en 1944 dans La malquerida, pièce de Jacinto Benavente, au sein de la compagnie de l’actrice argentine Lola Membrives. L’année suivante, le metteur en scène Cayetano Luca de Tena l’engage au Teatro Español de Madrid. Elle participe à une représentation du Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, puis interprète plusieurs rôles du répertoire dramatique.

En 1948, elle joue dans La Conjuration de Fiesque à Gênes, de Friedrich Schiller, sous la direction de Cayetano Luca de Tena. C’est à l’occasion de cette production que le réalisateur Juan de Orduña remarque son interprétation et lui propose de passer des essais pour son prochain film.

Une vedette du cinéma historique de l’après-guerre

Le rôle de Jeanne de Castille, surnommée Jeanne la Folle, dans Poignard et Trahison (Locura de amor, 1948), fait d’Aurora Bautista une vedette dès sa première apparition au cinéma. Produit par la puissante société Cifesa, le film de Juan de Orduña adapte une pièce de Manuel Tamayo y Baus. Le réalisateur impose son choix malgré les réticences initiales des responsables de la société de production, qui envisageaient notamment Mary Carrillo et Amparo Rivelles pour le personnage principal. Le succès du film vaut à l’actrice la médaille de la meilleure interprétation féminine du Círculo de Escritores Cinematográficos.

Sa prestation, caractérisée par une diction théâtrale et une forte expressivité gestuelle, devient emblématique du cinéma historique espagnol de l’époque. En 1950, Juan de Orduña lui confie le rôle d’Agustina d’Aragon dans Agustina de Aragón, consacré à l’héroïne de la résistance espagnole contre les troupes napoléoniennes lors du siège de Saragosse en 1808. Le film est également produit par Cifesa.

Ces productions historiques, valorisant des figures féminines associées au passé national espagnol, occupent une place importante dans la politique cinématographique du régime franquiste. Aurora Bautista tourne également sous la direction de Manuel Mur Oti, notamment dans Condenados (1953), drame rural dans lequel elle interprète Aurelia, une femme confrontée à des conflits passionnels.

Une collaboration déterminante avec Miguel Picazo

Le réalisateur Miguel Picazo confie à Aurora Bautista le rôle principal de La Tía Tula (1964), adaptation du roman de Miguel de Unamuno. Elle y incarne Tula, une femme célibataire qui accueille chez elle sa sœur mourante, puis son beau-frère et leurs enfants. Après le décès de sa sœur, les relations de Tula avec son beau-frère Ramiro, interprété par Carlos Estrada, mettent en jeu ses convictions religieuses et son rapport à la sexualité.

Le film est présenté au Festival international du film de Saint-Sébastien en 1964, où il remporte la Coquille d’argent. L’interprétation d’Aurora Bautista, plus intériorisée que dans ses grands rôles historiques, lui vaut le prix Sant Jordi de la meilleure actrice dans un film espagnol. Elle reçoit également le prix national d’interprétation du Sindicato Nacional del Espectáculo.

Cette collaboration se renouvelle en 1985 avec Extramuros, adaptation du roman de Jesús Fernández Santos. Aurora Bautista y interprète la prieure d’un couvent espagnol du XVIe siècle, tandis que Carmen Maura et Mercedes Sampietro incarnent deux religieuses au centre du récit. Elle obtient pour ce rôle le prix ACE de la meilleure actrice dans un second rôle, décerné à New York par l’Association des chroniqueurs du spectacle.

Une fidélité au théâtre et aux grands textes dramatiques

Aurora Bautista poursuit parallèlement son activité théâtrale, interprétant des œuvres du répertoire classique et contemporain. Son expérience au Teatro Español de Madrid lui permet de travailler avec plusieurs metteurs en scène importants de l’après-guerre, notamment Cayetano Luca de Tena.

Sa carrière prend également une dimension internationale lorsqu’elle épouse, le 7 septembre 1963, le médecin mexicain Hernán Ramón Cristerna. Le couple a un fils, Hernán, né en avril 1965. L’actrice séjourne au Mexique, où elle poursuit une partie de ses activités professionnelles. Elle participe notamment à une nouvelle adaptation de El derecho de nacer, réalisée par Tito Davison, avant de reprendre son travail en Espagne.

En 1978, son interprétation dans Oye, patria, mi aflicción lui vaut le prix Mayte de théâtre, distinction espagnole récompensant les comédiens de scène. Elle travaille également pour la télévision espagnole, notamment dans Cristóbal Colón (1967), coproduction de la RTVE et de la RAI dans laquelle elle incarne Isabelle la Catholique. Elle participe en 1985 à la série documentaire Cómicos, consacrée à des personnalités du théâtre espagnol.

Distinctions et vie personnelle

Elle est honorée lors de la Mostra de Valencia en 1998, puis au Festival du cinéma ibéro-américain de Huelva en 2003, où la fondation AISGE lui remet un prix pour l’ensemble de sa carrière. Elle reçoit également le Fotogramas de Plata d’honneur en 2000, la médaille d’honneur du Círculo de Escritores Cinematográficos en 2007 et un prix de l’Unión de Actores en 2009.

En décembre 2010, la fondation AISGE lui décerne le prix ACTÚA, qui récompense sa contribution aux arts du spectacle espagnols. Cette distinction intervient après plus de six décennies de présence sur les scènes et les écrans.

Après son divorce d’avec Hernán Ramón Cristerna, Aurora Bautista épouse le 8 mai 1989 à Gibraltar l’entrepreneur cubain Luis de Luis. Elle meurt le 27 août 2012, à l’âge de 86 ans, à la clinique de la Milagrosa de Madrid, des suites d’une infection. Elle est inhumée au cimetière sacramentel de San Justo, à Madrid.

Filmographie

  • Retourne à tes fourneaux
    Tout public

    Des années 30 à nos jours, une chronique sur la représentation de la femme dans le cinéma espagnol. Une manière aussi de revisiter l’Histoire de l’Espagne et plus particulièrement celle de l’évolution féminine.

    2013 1h24 (archives vidéos)

  • Tiovivo c. 1950
    Tout public

    Ce film n’a pas d’intrigue. Il s’apparente plutôt à une eau-forte ou, peut-être, à l’un de ces portraits réalisés sur le vif par des peintres sans talent dans les rues de Madrid vers 1950. La capitale était alors, plus que jamais, le brise-lames de l’Espagne. Un brise-lames gris, fait de tickets de rationnement, à la fois tendre et cruel, pauvre jusque dans ses joies, convalescent (toujours avec un peu de fièvre au crépuscule), mais aussi picaresque, festif et surréaliste. Un manège, en somme, de survivants dont nous sommes, que cela nous plaise ou non, les héritiers.

    2004 2h30 Doña Anunciada

  • Adiós con el corazón
    Tout public

    Juan utilise son charme, son charisme et ses talents de parieur pour subsister, jusqu’au jour où Caty débarque en prétendant être sa fille née d’une liaison vieille de 20 ans.

    2000 1h24 La Marquesa

  • L'Aube, c'est pas trop tôt
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    Teodoro, un ingénieur espagnol travaillant comme professeur aux États-Unis, retourne en Espagne pour profiter d’une année sabbatique.

    1989 1h46 La Padington

  • Divinas palabras
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    1987 1h47 Marica del Reino