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Film Index

Armando Trovajoli

Casting Sons

Nationalité
 Italie
Mort
28 février 2013
Âge
95 ans
Filmographie
15 films

Biographie

Armando Trovajoli, né le 2 septembre 1917 à Rome et mort le 1er mars 2013 dans la même ville, est un pianiste, compositeur et chef d’orchestre italien.

Du piano familial au jazz européen

Armando Trovajoli découvre la musique vers l’âge de cinq ans auprès de son père Italiano Trovajoli, violoniste dans des orchestres romains qui accompagnent les films muets. Il commence par le violon, puis choisit le piano et découvre le jazz à travers les disques de Duke Ellington et Teddy Wilson. Lorsque la maladie de son père prive la famille d’une partie de ses ressources, il commence à quinze ans à jouer professionnellement dans les établissements de Rome. Son activité le conduit ensuite à Milan dans les orchestres de Carlo Minari et Sesto Carlini, puis à Forte dei Marmi avec l’orchestre de Pino Moschini.

Mobilisé en 1940, Armando Trovajoli sert en Albanie et en Grèce. À son retour, Giulio Razzi lui permet d’entrer à l’EIAR, où il participe à l’émission Il club del ritmo. Il dirige une formation de jazz fondée sur l’improvisation, tandis qu’il approfondit parallèlement l’étude classique du piano auprès de Libero Barni. Il obtient en 1948 son diplôme au Conservatoire Sainte-Cécile de Rome avec la note maximale et une mention spéciale.

L’année suivante, Armando Trovajoli représente l’Italie au Festival international de jazz de Paris. Accompagné de Gorni Kramer à la contrebasse et Gil Cuppini à la batterie, il se produit à la Salle Pleyel et rencontre notamment Charlie Parker et Miles Davis. En 1952, il interprète à Rome, Palerme et Naples le Concerto en fa ainsi que Rhapsody in Blue de George Gershwin, confirmant une pratique du piano qui associe formation classique et jazz.

La radio et l’orchestre de la RAI

La radio donne à Armando Trovajoli un laboratoire régulier pour ses arrangements. En 1952, il compose avec Piero Piccioni la musique de l’émission Eclipse, où le piano de jazz intervient au sein d’orchestrations développées. L’année suivante, sa participation au Festival de Sanremo attire l’attention par des arrangements sensiblement différents de ceux de l’orchestre de Cinico Angelini, opposition musicale abondamment commentée à l’époque.

En 1956, Armando Trovajoli fonde à Rome l’Orchestra jazz della RAI en réunissant plusieurs solistes italiens. Il intervient aussi comme arrangeur et directeur d’orchestre pour la musique légère. Une exposition organisée en 2023 par le Museo di Roma in Trastevere rappelle également qu’il dirige, pour la RAI, la première formation stable consacrée à ce répertoire au début des années 1950.

Cette activité l’amène à côtoyer plusieurs musiciens internationaux. Le Museo di Roma in Trastevere documente des rencontres ou collaborations avec Duke Ellington et Chet Baker, tandis que son passage parisien de 1949 l’avait placé au contact de plusieurs représentants majeurs du jazz américain. Armando Trovajoli conserve cette pratique du piano pendant que le cinéma et le théâtre prennent une place croissante dans son travail.

Garinei et Giovannini, puis Rugantino

Le théâtre musical devient un domaine majeur à partir des années 1950. Armando Trovajoli travaille d’abord comme arrangeur et compositeur pour des spectacles de revue, puis devient à partir de 1962 un collaborateur régulier de Pietro Garinei et Sandro Giovannini. Leur premier grand projet commun est Rugantino, créé au Teatro Sistina de Rome avec Nino Manfredi dans le rôle-titre et Lea Massari dans celui de Rosetta.

Pour Rugantino, Armando Trovajoli utilise des motifs populaires romains du XIXe siècle et des rythmes issus du saltarello, tout en travaillant avec des formes orchestrales proches du musical américain. La partition contient « Roma nun fa’ la stupida stasera », qui devient l’une de ses chansons les plus connues. Le spectacle est repris aux États-Unis en février 1964 avec une distribution italienne.

La collaboration avec Garinei et Giovannini se poursuit avec Ciao, Rudy, consacré à Rodolfo Valentino et interprété notamment par Marcello Mastroianni. L’écriture permet à Armando Trovajoli d’employer largement le jazz, avec une grande formation orchestrale et des musiciens de la New Orleans Jazz Band de Carlo Loffredo. En 1974, il compose la musique d’Aggiungi un posto a tavola, avec Johnny Dorelli dans le rôle principal.

Après la mort de Sandro Giovannini en 1977, Armando Trovajoli continue d’écrire pour la scène. Il compose notamment Se il tempo fosse un gambero pour Enrico Montesano, puis revient encore à la comédie musicale en 2004, à l’âge de 87 ans, avec Vacanze romane, adaptation scénique du film de William Wyler.

Le cinéma et la collaboration avec Ettore Scola

La première contribution cinématographique importante d’Armando Trovajoli intervient auprès de Goffredo Petrassi sur Riz amer en 1949. Quelques années plus tard, Alberto Lattuada lui demande une chanson d’inspiration sud-américaine pour Anna. Il compose « El negro zumbon » sous le pseudonyme Roman Vatro. Silvana Mangano l’interprète à l’image, tandis que la voix enregistrée est celle de Flo Sandon’s.

Son apprentissage de l’orchestration se poursuit auprès d’Angelo Francesco Lavagnino, avec lequel Armando Trovajoli cosigne plusieurs partitions. Sa production pour le cinéma atteint ensuite environ deux cents films dans le relevé biographique de Treccani, tandis que le Museo di Roma in Trastevere recense plus de trois cents bandes originales en incluant l’ensemble de son travail audiovisuel. Il compose pour Vittorio De Sica et Dino Risi, ainsi que pour de nombreux autres cinéastes italiens.

Le travail avec Ettore Scola devient particulièrement durable. Armando Trovajoli compose la musique de presque toute la filmographie du réalisateur. Pour Une journée particulière, porté par Sophia Loren et Marcello Mastroianni, il reçoit en 1978 le Nastro d’argento de la meilleure musique. Il obtient de nouveau cette récompense en 1987 pour La Famille.

Une première victoire aux Nastri d’argento avait récompensé en 1966 sa partition de Sept Hommes en or de Marco Vicario. Les passages chantés en scat y exploitent directement l’expérience jazzistique d’Armando Trovajoli. Le Syndicat national des journalistes cinématographiques italiens lui attribue le prix de la meilleure musique.

Son parcours reçoit également des récompenses honorant l’ensemble de son œuvre. Armando Trovajoli obtient un Nastro d’argento spécial pour sa carrière en 2001 et un David di Donatello pour l’ensemble de sa carrière en 2007. Il est aussi membre de l’Académie nationale Sainte-Cécile et titulaire de la dignité de chevalier grand-croix de l’Ordre du Mérite de la République italienne.

Rome, compositions de concert et vie familiale

Dans les dernières décennies de sa vie, Armando Trovajoli compose aussi des œuvres instrumentales destinées au concert. Puppet, écrit pour violon, cordes, piano et percussions, ainsi que Sconcerto pour contrebasse et cordes datent de 2002. Epistola suit en 2003. Ces partitions prolongent son travail instrumental en dehors des commandes destinées à la scène ou à l’écran.

Rome demeure directement présente dans plusieurs de ses créations et dans les hommages qui lui sont rendus. Après sa mort, survenue le 1er mars 2013, la municipalité donne son nom au Ponte della Musica, entre le lungotevere Flaminio et le lungotevere Cadorna. L’inauguration sous le nom de Ponte della Musica Armando Trovajoli intervient le 30 mai 2013. Dix ans après sa disparition, le Museo di Roma in Trastevere lui consacre une exposition réunissant instruments, partitions manuscrites, correspondance et archives personnelles.

Armando Trovajoli épouse l’actrice Anna Maria Pierangeli en 1962. Leur fils Andrea Howard Rugantino naît l’année suivante, et le couple divorce en 1968. En 1972, il épouse Mariapaola Sapienza, avec laquelle il a en 1973 un fils, Piergiorgio. Mariapaola Sapienza Trovajoli conserve à Rome les manuscrits laissés par le compositeur.

Filmographie

  • Le Roman d'un jeune homme pauvre
    Tout public

    Vincenzo, un jeune diplômé sans travail, vivote de cours particuliers et de la pension de sa mère, dont il partage le petit appartement d'une cité populaire romaine. Sa mère, qui veut conserver une apparence de respectabilité, a des rapports tendus avec lui. Vincenzo se referme sur lui-même et ne revoit plus sa petite amie Andreina. Un soir, Bartoloni, un voisin, photographe retraité, lui raconte son calvaire auprès d'une épouse acariâtre et obèse, qu'il aimait jadis quand elle était chanteuse.

    1995 1h51 Compositeur (musique originale)

  • Quelle heure est-il
    Tout public

    Marcello, avocat romain aisé et vieillissant, vient rendre visite à Michele, son fils, qui effectue son service militaire. Les deux hommes passent la journée ensemble sans que Michele ne réponde aux attentes de son père, qui voudrait mieux le connaître. Le soir approchant, Marcello commence à entrevoir que la vie sans ambition qu'a choisi son fils est à l'opposé de celle qu'il a, lui, érigé en modèle…

    1989 1h35 Compositeur (musique originale)

  • La Famille
    Tout public

    Chronique de la vie de plusieurs générations d'une famille bourgeoise romaine, de 1906 à 1986. Le narrateur est Carlo, un professeur d'italien qui retrace son existence, depuis le jour de son baptême jusqu'au moment où il se retrouve entouré de ses enfants et petits-enfants. Les autres personnages, le grand-père, le père, la mère, les trois tantes célibataires inséparables, le frère, la servante éprise de ce dernier..., forment un univers empreint de vie et d'émotions.

    1987 2h07 Compositeur (musique originale)

  • La Terrasse
    Tout public

    Des amis de longue date, appartenant au milieu de la gauche culturelle, se retrouvent pour une rituelle soirée-buffet sur la vaste terrasse romaine de l'un d'entre eux. La caméra se promène et surprend des conversations puis, suit un personnage dans sa vie, avant de revenir à la soirée et d'en suivre un autre. L'enthousiasme de la jeunesse a laissé place à l'amertume et aux constats d'échecs, autant professionnels que sentimentaux. Le film suit successivement Enrico, scénariste à court d'inspiration, Luigi, journaliste que sa femme quitte, Sergio, un fonctionnaire de la RAI, la télévision publique, anorexique et déprimé, Amedeo, producteur de cinéma, et Mario, député communiste qui va avoir une liaison.

    1980 2h04 Compositeur (musique originale)

  • Les Nouveaux Monstres
    Tout public

    Douze sketches, tableaux sombres et amers qui, à la suite des « Monstres »de 1963, mettent en scène l'évolution de la société italienne. 1. Le Pinson du Val Padouan (Ettore Scola) - 2. Tantum ergo (Dino Risi) - 3. Auto-stop (Mario Monicelli) - 4. Enlèvement d'une personne chère (Ettore Scola) - 5. Premiers soins (Mario Monicelli) - 6. Grand garçon à sa petite maman (Dino Risi) - 7. Citoyen exemplaire (Ettore Scola) - 8. Pornodiva (Dino Risi) - 9. Comme une reine (Ettore Scola) - 10. Auberge ! (Ettore Scola) - 11. Sans paroles (Dino Risi) - 12. L'Éloge funèbre (Ettore Scola)

    1977 1h55 Compositeur (musique originale)

  • Une journée particulière
    Tout public

    8 mai 1938 : Rome en fête organise un grand défilé en l'honneur d'Adolf Hitler, venu en Italie pour consolider son alliance avec le Duce. Dans un immeuble d'un quartier populaire, Antonietta, épouse d'un petit fonctionnaire fasciste, se consacre aux tâches ménagères. Son mainate s'échappe et se pose sur le rebord d'une fenêtre. Antonietta en avertit le locataire concerné. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Gabriele, un commentateur de radio homosexuel, récemment licencié, qui attend son arrestation imminente.

    1977 1h46 Compositeur (musique originale)

  • Affreux, sales et méchants
    Tout public

    Dans un bidonville à Rome, Giacinto règne en tyran sur sa nombreuse famille. Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car le patriarche possède un magot que chacun espère lui voler. Chaque jour, il lui faut trouver de nouvelles cachettes et défendre son bien, fusil en main. Lorsqu'il décide d'installer sa concubine dans le baraquement, la révolte gronde…

    1976 1h55 Compositeur (musique originale)

  • Parfum de femme
    Tout public

    Fausto est un grand amateur de femmes. Il est un bel homme, dans la force de l'âge et vit seul avec sa vieille tante à Turin. Sept ans auparavant, alors capitaine de cavalerie, il a perdu la vue en manipulant une bombe lors des grandes manœuvres. Il refuse son infirmité et dissimule son amertume sous une agressivité permanente. Bien qu'aveugle, Fausto est capable de deviner la présence des femmes grâce à leur parfum…

    1974 1h43 Compositeur (musique originale)

  • Drame de la jalousie
    Tout public

    À Rome a lieu le procès d'Oreste, un maçon de quarante ans, auteur du meurtre à coups de ciseaux perpétré sur Adélaïde, la fleuriste, et coupable d'avoir malmené Nello, l'homme qui venait de l'épouser. Oreste vivait avec une virago lorsqu'il est tombé amoureux fou de la jeune Adélaïde, au point d'abandonner sa femme et le parti communiste. Lorsqu'il présente Nello à Adélaïde, la jeune femme s'éprend de lui. Mais après plusieurs tentatives de coexistence, c'est le drame…

    1970 1h43 Musique

  • Casanova 70
    Tout public

    Femmes fatales ou pures ingénues, en passant par les épouses parfaites, aucune ne résiste à Andrea, bel officier de l'OTAN qui va de conquête en conquête au gré de ses déplacements. Las de si faciles victoires, ce séducteur prématurément blasé n'arrive plus à éveiller son désir que lorsqu'il se trouve dans des situations périlleuses. Afin de régler son problème, il décide de se faire psychanalyser...

    1965 1h50 Compositeur (musique originale) Chef d’orchestre

  • Mariage à l'italienne
    Tout public

    Durant de nombreuses années, Filumena a été à la fois servante et maîtresse de Domenico. Ce dernier a finalement décidé de se marier avec une jeune fille de bonne famille. C'est alors qu'elle décide de lui tendre un piège en lui faisant croire qu'elle est mourante et que son dernier désir est de se faire épouser. Dès que l'homme cède, la mourante ressuscite et lui apprend qu'il est déjà le père d'un de ses enfants...

    1964 1h40 Compositeur (musique originale) Chef d’orchestre

  • Hier, aujourd'hui et demain
    Tout public

    À Naples, Adelina, surprise en train de faire du marché noir, ne voit qu'une seule façon d'échapper à la prison : enchaîner les grossesses. Mais après sept enfants, son mari Carmine semble avoir définitivement perdu tout désir... À Milan, Anna, épouse d'industriel en mal de distractions, entame une liaison avec l'écrivain Renzo. Toutefois, lorsqu'il abîme la Rolls-Royce de son mari, la plaisanterie cesse pour elle... À Rome, Mara, une call-girl de luxe, fait tourner la tête du jeune séminariste Umberto bien malgré elle. Ce dernier est alors prêt à renoncer à la prêtrise ; Mara aura fort à faire pour le ramener dans le droit chemin.

    1963 1h58 Giorgio Ferrario Compositeur (musique originale) Directeur musical

  • La grande olimpiade
    Tout public

    1961 2h22 Compositeur (musique originale)

  • La ciociara
    Tout public

    Rome, 1943. Veuve depuis peu, Cesira ne vit que pour Rosetta, sa fille de 13 ans. Alors que les bombardements alliés s'intensifient, elle décide de fermer sa petite épicerie pour se réfugier avec son enfant à la campagne près de Fondi, sa région natale. Hébergée par des parents éloignés, elle partage avec de nombreux réfugiés le quotidien difficile des paysans, et fait la connaissance de Michele, un jeune professeur de lettres antifasciste.

    1960 1h40 Compositeur (musique originale)

  • La dolce vita
    Tout public

    Le chroniqueur Marcello fait le tour des lieux à scandale de Rome pour alimenter les potins d'un journal à fort tirage. Il rencontre une faune corrompue et dérisoire qui feint de s'amuser et dissimule mal son ennui. Palme d'Or 1960

    1960 2h47 Arrangeur musical