André Valmy
Casting
- Nationalité
- France
- Naissance
- 8 octobre 1919 à Paris (France)
- Mort
- 18 novembre 2015
- Âge
- 96 ans
- Autre nom
- André Antoine Marius Dugenet
- Filmographie
- 4 films
Biographie
André Valmy, de son vrai nom André Antoine Marius Dugenet, né le 8 octobre 1919 à Paris et mort le 18 novembre 2015 à Nice, est un acteur français de théâtre, de cinéma et de télévision, également connu pour son activité de comédien de doublage. Il joue notamment dans Une si jolie petite plage (1949), Maigret tend un piège (1958) et Le Gorille vous salue bien (1958). Sa voix grave et rocailleuse devient familière au public français grâce au doublage d’acteurs américains, parmi lesquels Walter Matthau, Robert Shaw, Rod Steiger et George C. Scott. Il prête également sa voix à plusieurs personnages de films d’animation et de séries pour la jeunesse.
Des études artistiques à la découverte du théâtre
André Valmy grandit dans le quartier de Montparnasse, à Paris. Pendant son adolescence, il se passionne pour le dessin, la peinture et l’ébénisterie. Il entreprend des études à l’École des arts décoratifs, sans envisager initialement une carrière de comédien.
Un camarade de collège l’entraîne cependant au cours d’art dramatique de Georges Mihalesco, installé rue de Douai, à Paris. Le professeur remarque ses dispositions pour l’interprétation et lui propose de suivre gratuitement son enseignement. André Valmy fréquente cette école pendant deux ou trois années, notamment aux côtés du futur comédien René Arrieu.
En 1944, il rencontre René Simon, fondateur du célèbre cours d’art dramatique parisien, afin de préparer le concours d’entrée au Conservatoire. Sa formation lui permet d’aborder le répertoire théâtral tout en développant une technique vocale qu’il exploitera plus tard dans le doublage.
Il fréquente également des artistes proches du groupe Octobre, collectif théâtral associé au mouvement du théâtre populaire et engagé. Dans cet entourage figurent notamment Yves Montand, Simone Signoret et Gérard Philipe, avec lesquels il entretiendra des relations professionnelles.
Ses premiers engagements au théâtre remontent aux années 1940. En 1943, il participe à une représentation du Viol de Lucrèce, d’André Obey, mise en scène par Paulette Pax au théâtre de l’Œuvre.
Les metteurs en scène du théâtre français
Au cours de sa carrière, André Valmy travaille sous la direction de plusieurs metteurs en scène importants du théâtre français, parmi lesquels Raymond Rouleau, Jean-Louis Barrault et Jean Vilar.
En 1950, il joue dans La neige était sale, adaptation théâtrale du roman de Georges Simenon par Frédéric Dard, présentée au théâtre de l’Œuvre dans une mise en scène de Raymond Rouleau. L’histoire suit un jeune homme plongé dans un univers de violence et de compromissions morales pendant une occupation militaire.
La même année, il participe à Notre peau, pièce de José-André Lacour mise en scène par Michel Vitold, également au théâtre de l’Œuvre.
En 1951, il apparaît dans Danse sans musique, adaptation d’une œuvre de l’écrivain britannique Peter Cheyney, présentée au théâtre des Noctambules dans une mise en scène de René Clermont.
Ces engagements lui permettent d’aborder des personnages appartenant notamment au théâtre policier et au drame psychologique. Il poursuit cette activité parallèlement à ses rôles au cinéma, tout en conservant une approche du métier fondée sur l’interprétation instinctive plutôt que sur une méthode de jeu rigoureusement théorisée.
Les policiers et les criminels du cinéma français
André Valmy commence à apparaître au cinéma au début des années 1940. Son physique et son registre d’interprétation l’amènent progressivement à incarner des policiers, des hommes d’autorité ou des personnages liés au milieu criminel.
En 1949, il participe à Une si jolie petite plage, réalisé par Yves Allégret, avec Gérard Philipe. Le film se déroule dans une station balnéaire déserte du nord de la France, où un homme mystérieux revient sur les lieux de son enfance. L’intrigue, située dans une atmosphère hivernale, développe progressivement les événements qui ont marqué le passé du personnage principal.
Il apparaît ensuite dans Il est minuit, docteur Schweitzer (1952), adaptation d’une pièce de Gilbert Cesbron consacrée au médecin et théologien Albert Schweitzer, qui fonde un hôpital à Lambaréné, au Gabon.
En 1958, Jean Delannoy le dirige dans Maigret tend un piège, avec Jean Gabin dans le rôle du commissaire Maigret. André Valmy interprète l’inspecteur Lucas, membre de l’équipe de police chargée de retrouver un meurtrier qui s’attaque à des femmes dans le quartier parisien du Marais.
La même année, il joue Mauricet dans Le Gorille vous salue bien, réalisé par Bernard Borderie. Adapté d’un roman de Dominique Ponchardier, le film met en scène Lino Ventura dans le rôle de Géo Paquet, agent des services secrets français surnommé « le Gorille ».
Ces participations placent André Valmy auprès de plusieurs acteurs importants du cinéma populaire français des années 1950. Ses personnages interviennent fréquemment dans les enquêtes criminelles, les affrontements entre bandes rivales ou les opérations de renseignement.
Les enquêtes policières et les fictions historiques de la télévision
Avec le développement de la télévision française, André Valmy participe à plusieurs productions réalisées en direct ou spécialement conçues pour le petit écran. Il travaille notamment avec Marcel Bluwal, Stellio Lorenzi et Claude Loursais.
En 1955, il interprète le personnage d’Ilia Petrovitch dans Crime et Châtiment, adaptation télévisée du roman de Fiodor Dostoïevski réalisée par Stellio Lorenzi. Il apparaît également dans des enquêtes policières réalisées par Marcel Bluwal et Marcel Cravenne.
Dans la série L’Inspecteur Leclerc enquête (1962), il incarne l’inspecteur Denys, un policier appartenant à l’équipe du personnage principal. Il participe aussi à plusieurs épisodes des Cinq Dernières Minutes, notamment « Sur la piste… » (1961), où il joue César Ségala, et « Les Yeux de la tête » (1971), dans lequel il interprète Antoine Tergnier face au commissaire Bourrel, joué par Raymond Souplex.
Il retrouve les adaptations littéraires dans Les Indes noires (1964), téléfilm de Marcel Bluwal inspiré du roman de Jules Verne. Il y joue Simon Ford, ancien mineur écossais qui participe à la redécouverte d’un gisement de charbon.
André Valmy prend également part à La caméra explore le temps, série de reconstitutions historiques, dans laquelle il interprète notamment Georges Clemenceau. Il assure par ailleurs la narration des Énigmes de l’Histoire.
Dans les feuilletons d’aventures, il tient le rôle de Gibassier, adversaire des protagonistes dans Les Mohicans de Paris et sa suite Salvator et les Mohicans de Paris, adaptées des romans d’Alexandre Dumas. Il considère ce personnage comme l’un de ses rôles préférés, notamment en raison de sa popularité auprès des jeunes téléspectateurs.
Une voix familière du doublage français
Au début des années 1950, le comédien Jean Brochard encourage André Valmy à travailler dans le doublage. Sa voix grave, légèrement rauque, lui permet d’interpréter des personnages autoritaires, menaçants ou ironiques.
Il devient notamment l’une des voix françaises régulières de Walter Matthau, qu’il double dans Drôle de couple (1968), où l’acteur américain incarne Oscar Madison, colocataire désordonné d’un homme particulièrement méticuleux. Il retrouve Matthau dans Les Pirates du métro (1974), dans le rôle du lieutenant Zachary Garber, chargé de négocier avec des criminels qui ont pris en otage les passagers d’une rame du métro new-yorkais.
André Valmy prête également sa voix à Robert Shaw, notamment pour le personnage de Quint, chasseur de requins dans le premier doublage français des Dents de la mer (1975), de Steven Spielberg. La personnalité de cet ancien marin repose en grande partie sur sa manière de parler, ses récits et son autorité auprès des autres personnages.
Parmi ses autres prestations figure le doublage de Rod Steiger dans Il était une fois la révolution (1971), de Sergio Leone. Il interprète en français Juan Miranda, bandit mexicain entraîné dans les événements de la révolution.
Sa collaboration avec le cinéma américain comprend également George C. Scott, Karl Malden, Telly Savalas, George Kennedy et Laurence Olivier. Il double ponctuellement ce dernier dans Marathon Man (1976), où l’acteur britannique incarne le criminel nazi Christian Szell.
Pour André Valmy, le doublage exige avant tout une adaptation précise au jeu de l’interprète original. Il porte une attention particulière à l’anticipation des répliques et à leur enchaînement, afin de respecter le rythme de la scène. Au cours d’un entretien réalisé en 2014, il estime que le doublage représente environ 70 % de son activité professionnelle, contre 20 % pour le théâtre et 10 % pour le cinéma et la télévision.
L’interprétation vocale des personnages animés
André Valmy participe au doublage français de plusieurs productions destinées à la jeunesse. Dans une version française de Blanche-Neige et les Sept Nains, il prête sa voix au chasseur chargé par la reine de tuer Blanche-Neige. Il interprète également le Morse dans un redoublage d’Alice au pays des merveilles.
En 1969, il donne sa voix au professeur Bergamotte dans Tintin et le Temple du Soleil, adaptation animée de l’univers créé par Hergé. Ce savant appartient au groupe d’explorateurs victimes d’une mystérieuse malédiction après avoir rapporté des objets provenant d’une tombe inca.
Il interprète Vitalis dans la version française de la série animée japonaise Rémi sans famille (1977). Musicien ambulant, Vitalis recueille Rémi et lui enseigne son métier au cours de leurs déplacements.
Dans Bernard et Bianca au pays des kangourous (1990), il double Percival McLeach, un braconnier australien qui capture un jeune garçon pour tenter de retrouver un aigle royal. L’acteur prête ensuite sa voix à Buffalo Burp, vieux shérif canin, dans Fievel au Far West (1991), ainsi qu’à Kekata, chaman de la tribu de Powhatan, dans Pocahontas (1995).
Bien qu’il travaille sur plusieurs personnages animés, André Valmy préfère généralement le doublage des comédiens de prises de vues réelles. Il admire particulièrement Roger Carel, dont il apprécie les capacités de transformation vocale et la maîtrise des accents comiques.
Le métier de comédien et ses transformations
André Valmy appartient à une génération d’acteurs qui ont connu les premières décennies du doublage cinématographique en France. Il travaille avec plusieurs directeurs artistiques, parmi lesquels Richard Heinz, Maurice Dorléac et Gérald Castrix.
Au cours de sa carrière, il observe les changements techniques et économiques affectant cette profession. Les périodes d’enregistrement se raccourcissent progressivement, alors que les contraintes de synchronisation demeurent importantes.
Il conserve notamment le souvenir des méthodes utilisées dans les grands studios de doublage des années 1950 et 1960, où l’enregistrement d’un long métrage pouvait mobiliser les interprètes pendant plusieurs jours.
En 1962, il exerce une fonction inhabituelle pour un comédien en devenant le porte-parole du jury français du Concours Eurovision de la chanson, organisé cette année-là à Luxembourg. Il annonce les votes attribués par la France aux autres pays participants.
À la fin des années 1990, il réduit progressivement son activité de doublage. Ses problèmes de vue rendent notamment plus difficile la lecture des textes utilisés pendant les enregistrements.
Vie familiale et dernières années
André Valmy épouse Lorette Gallant, avec laquelle il a deux enfants. Leur fils, Pierre Valmy, également connu sous le nom de Pierre Dugenet, exerce comme metteur en scène et adaptateur de théâtre. Leur fille, Jane, réside à Nice.
Après le décès de son épouse en 2007, André Valmy se retire dans cette ville auprès de sa fille.
En août 2014, il reçoit à son domicile niçois un spécialiste de l’histoire du doublage, auquel il accorde un long entretien consacré à sa carrière. Il évoque ses souvenirs des studios, ses collaborations avec les comédiens et les directeurs artistiques, ainsi que les évolutions des conditions de travail.
Il meurt à Nice le 18 novembre 2015, à l’âge de 96 ans.
Filmographie
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