Alexander Adabashyan
- Casting
- Décors
- Écriture
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 10 août 1945 à Moscou (Russie)
- Âge
- 81 ans
- Autres noms
-
- Aleksandr Artyomovich Adabashyan
- Александр Артёмович Адабашьян
- Filmographie
- 4 films
Alexander Artyomovich Adabashyan, né le 10 août 1945 à Moscou, est un scénariste, décorateur de cinéma, acteur, réalisateur et artiste russe, actif auparavant dans le cinéma soviétique. Collaborateur de longue date de Nikita Mikhalkov, il a participé à certains de ses films les plus importants, notamment Partition inachevée pour piano mécanique, Cinq soirées, Quelques jours de la vie d’Oblomov et Les Yeux noirs. Ce 10 août 2026, il fête son 81e anniversaire.
Des arts décoratifs au cinéma
Adabashyan entre en 1962 à l’École supérieure d’art et d’industrie de Moscou, connue sous le nom d’école Stroganov, et obtient en 1971 son diplôme dans la spécialité du travail artistique du métal. Sa formation est donc initialement celle d’un plasticien et non d’un scénariste ou d’un acteur.
C’est pendant ses études que son parcours croise celui de Nikita Mikhalkov, qui appartient à la même génération. En 1970, durant un stage d’été, Adabashyan travaille comme décorateur sur le film de fin d’études de Mikhalkov, Une journée tranquille à la fin de la guerre. Cette expérience inaugure une collaboration qui se prolongera pendant plusieurs décennies et dans laquelle Adabashyan occupera successivement presque toutes les fonctions possibles derrière, et parfois devant, la caméra.
L’un des principaux collaborateurs de Nikita Mikhalkov
Adabashyan travaille comme chef décorateur sur les premiers longs métrages de Mikhalkov, notamment Le Nôtre parmi les autres, les autres parmi les nôtres en 1974 et Esclave de l’amour en 1975. Son rôle dépasse rapidement la conception visuelle des films : Mikhalkov l’associe désormais également à leur écriture.
Les deux hommes cosignent ainsi le scénario de Partition inachevée pour piano mécanique, sorti en 1977 et librement construit à partir de textes d’Anton Tchekhov. Adabashyan participe ensuite à l’écriture de Cinq soirées, de Quelques jours de la vie d’I. I. Oblomov et de Les Yeux noirs. Mosfilm recense parallèlement son travail de chef décorateur sur plusieurs de ces productions.
Cette association culmine internationalement avec Les Yeux noirs (Oci Ciornie) en 1987, coproduction portée par Marcello Mastroianni. Le Festival de Cannes crédite officiellement Alexandre Adabascian, Nikita Mikhalkov et Suso Cecchi D’Amico au scénario. Le film est présenté en compétition à Cannes, où Mastroianni reçoit le Prix d’interprétation masculine.
Un second rôle devenu immédiatement reconnaissable
Bien qu’il ne se soit jamais défini principalement comme acteur, Adabashyan apparaît régulièrement devant la caméra. Mosfilm lui attribue plus de quarante rôles, souvent relativement courts mais construits autour d’une forte caractérisation visuelle ou comique.
Il joue notamment Timofeïev dans Cinq soirées de Mikhalkov. Mais son personnage le plus célèbre auprès du public soviétique est probablement Barrymore, le majordome de la famille Baskerville dans l’adaptation télévisée soviétique du Chien des Baskerville en 1981, épisode de la série consacrée à Sherlock Holmes et au docteur Watson.
Plus tard, une nouvelle génération de téléspectateurs le découvre sous les traits de Mikhaïl Berlioz dans Le Maître et Marguerite en 2005. Il apparaît également dans 12 de Mikhalkov, prête sa voix au film d’animation Ku ! Kin-dza-dza et continue à accepter ponctuellement des rôles tout en restant principalement associé à l’écriture et aux arts visuels.
Mado, poste restante : réalisateur en France
Adabashyan passe lui-même à la réalisation en 1990 avec Mado, poste restante, une production française. Mosfilm indique que le film est présenté dans le cadre des « Perspectives du cinéma français » à Cannes et y obtient le principal prix de cette sélection.
Le film lui apporte surtout une reconnaissance officielle en France : Mado, poste restante est nommé au César de la meilleure première œuvre lors de la cérémonie de 1991. Les archives de l’Académie des César confirment Adabashyan comme réalisateur et candidat dans cette catégorie, aux côtés notamment de Brigitte Roüan et Nicole Garcia.
Sa carrière de réalisateur de cinéma reste néanmoins beaucoup moins abondante que ses activités de scénariste ou décorateur. Il entreprend également en 2002 une adaptation d’Azazel, premier roman des aventures d’Erast Fandorine de Boris Akounine. Selon la biographie officielle de Mosfilm, des désaccords avec les producteurs à la fin du tournage le conduisent toutefois à retirer son nom du générique comme réalisateur.
Du cinéma à l’opéra
Son expérience de plasticien l’amène également vers la scène lyrique. En 1997, Adabashyan met en scène Boris Godounov de Modeste Moussorgski au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Les archives du Mariinsky confirment qu’il choisit alors la première version de l’opéra, celle de 1869.
L’année suivante, il travaille sur La Khovanchtchina à La Scala de Milan. Une présentation institutionnelle de l’université de cinéma de Saint-Pétersbourg résume ainsi cette seconde activité de sa carrière : Boris Godounov au Mariinsky en 1997 puis Khovanchtchina à La Scala en 1998.
Cette incursion dans l’opéra est cohérente avec son parcours : Adabashyan a toujours travaillé autant sur l’espace, les objets, les costumes et la composition visuelle que sur les dialogues et les personnages. Sa filmographie le crédite ainsi alternativement comme décorateur, chef décorateur, scénariste, acteur ou réalisateur.
Un scénariste qui se considère aussi comme artiste
Cette pluralité n’est pas accessoire dans son parcours. Sa formation artistique reste fondamentale, et il a continué à dessiner et à peindre parallèlement au cinéma. MUBI le référence d’ailleurs simultanément comme scénariste, acteur et production designer, tandis que les sources russes le présentent plus largement comme artiste de cinéma.
Il a également travaillé avec d’autres réalisateurs importants du cinéma soviétique et russe, parmi lesquels Gueorgui Danelia, Andreï Kontchalovski et Sergueï Soloviov. Cette circulation entre cinéastes explique pourquoi son influence dépasse largement les films dans lesquels son visage apparaît à l’écran.
Adabashyan reçoit en 1983 le titre d’artiste émérite de la RSFSR et obtient en 2016 une nouvelle distinction officielle comme artiste émérite de la Fédération de Russie.
À 81 ans, Alexander Adabashyan demeure ainsi surtout remarquable par une carrière impossible à réduire à une seule profession : formé aux arts décoratifs, devenu chef décorateur, coscénariste essentiel de Mikhalkov, acteur de caractère, réalisateur et metteur en scène d’opéra. Dans son cas, la conception visuelle d’un film et son écriture apparaissent moins comme deux métiers séparés que comme deux manières complémentaires de construire un même univers.
Filmographie
4 sur 4 films